Dans l’ombre de la Libertadores, la Copa Sudamericana aborde ses dernières quatre-vingt-dix minutes. À l’exception de São Paulo, personne n’est encore assuré de poursuivre l’aventure.

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Restera-t-il une place à une formation qui n’est ni argentine, ni brésilienne ? La question est légitime à une journée de la fin de la phase de groupes de la Copa Sudamericana. Représentant à eux deux plus de la moitié des participants, il était donc naturel de les retrouver à jouer les premiers rôles dans chaque groupe. Ajoutez à cela la nécessité de gagner son groupe pour poursuivre l’aventure (il faut bien laisser la place aux huit troisièmes de Libertadores…), vous mesurez l’ampleur de la tâche à laquelle les autres pays doivent faire face, restants réduits à quelques belles histoires, quelques victoires aussi mémorables que sans lendemain. À une journée de la fin, un seul des huit groupes peut ne pas tomber dans l’escarcelle d’un albiceleste ou d’un auriverde : le groupe H. Encore faudra-t-il que Junior, actuel leader et qualifié, ne craque pas chez lui face à son poursuivant direct, les Argentins d’Unión. La qualification devrait se jouer sur cette finale de groupe, sachant qu’un nul pourrait profiter à Fluminense en cas de carton des Brésiliens en Bolivie lors de l’ultime journée.

Ailleurs, d’autres finales de groupe sont au menu. Dans le Groupe J, la LDU a raté le coche en concédant le nul face à Defensa y Justicia désormais éliminé, elle jouera sa qualification face à l’Atlético Goianiense à Quito avec l’obligation de s’imposer pour voir les huitièmes. Même espoir pour Barcelona dans le Groupe A qui devra miser sur un raté de Lanús dans sa Fortaleza face à Metropolitanos et aller chercher un meilleur résultat en Uruguay pour coiffer les Argentins sur le fil ; pour La Calera, qui doit miser sur une absence de victoire de Santos au Vila Belmiro face à Banfield et s’imposer largement face à la Católica équatorienne pour s’emparer de la première place ; ou enfin pour Guaireña, sensation du Groupe E, qui doit faire un meilleure résultat que l’Internacional, contre qui le petit club paraguayen n’aura pas perdu, pour lui chiper la première place. Pour le reste, l’affaire est déjà réglée pour São Paulo, seul qualifié à l’aube de la sixième journée dans un groupe totalement dominé, elle est quasiment pliée pour Racing, qui n’a besoin que d’un point face aux Uruguayens de River Plate déjà éliminés pour assurer sa qualification.

Enfin, le Groupe G offrira une finale Brésil – Argentine. Independiente, se devait de gagner, en marquant le plus de buts possibles à domicile pour espérer alors que Ceará s’était imposé la veille 6-0 face aux Paraguayens de General Caballero. Le Rojo n’avait guère le choix. La Guaira avait tout de la victime expiatoire parfaite. Pourtant, bien que dominant, Independiente n’y arrivait pas en première mi-temps. Imprécis, dominateur, mais pas si dangereux, il faut finalement attendre un but contre son camp de Yohan Cumaná bien amené juste avant la pause (41e) pour faire la différence. Au retour des vestiaires, le Rojo est bien décidé, cette fois-ci, à réaliser sa mission. Le but de Leandro Benegas à la 47e le confirme. La seconde période est outrageusement dominée par les rouges. Pourtant, il faudra attendre la 83e minute pour voir le 3-0, résultat minimum à obtenir pour arriver en vie lors du dernier match. Le Libertadores de America pouvait enfin exploser, Leandro Benegas marquera le doublé à la 90e laissant Independiente dans une position difficile mais presque inespérée : n’importe quelle victoire par deux buts d’écart face au Vozão mercredi prochain pourrait offrir la qualification au Rojo.

 
Avec Vincent Dupont