Pour ses débuts sur un banc, Fernando Gago réussit l’impensable, faire d’une équipe annoncée limitée, une équipe à suivre. Pendant ce temps, emmené par le dernier héritier des grands dix argentins, Colón continue sa marche impériale.

bandeaubielsa

Finaliste de la Copa Diego Maradona, Banfield avait déjà confirmé que la thèse du bel accident était à écarter après avoir vaincu Racing et Arsenal pour ouvrir le nouveau tournoi. Mais face au Taladro, Colón se présentait avec un parcours tout aussi parfait, face à Central Córdoba et San Lorenzo. Une chose était sûre, ce choc s’annonçait passionnant et spectaculaire, opposant deux équipes qui se délectent de transitions rapides. Il le fut, même s’il a basculé en faveur des visiteurs. Si les hommes de Sanguinetti ont eu les premières situations, par Mauricio Cuero et Martín Payero, la machine à exploiter les erreurs mise en place par Eduardo Domínguez a frappé, portée par le magnifique Pulga Rodríguez, qui continue de nous rassurer sur le fait qu’un certain football n’est pas encore mort : une passe parfaite pour Alexis Castro sur le 1-0, une maline déviation de la tête pour Nicolás Leguizamón sur le 2-0 et pour terminer, sa spécialité, le caño, sur Iván Arboleda pour le 3-0. Et voilà comment Colón s’offre le trois sur trois et prend les commandes d’une Zona A avant d’affronter l’une des autres attractions de l’ouverture du championnat Aldosivi.

On avait vu de très belles choses avec ce Tiburón face à Racing, la réception d’Arsenal n’a fait que le confirmer, célébrant à merveille la devise « ganó, gustó y goleó ». Aldosivi n’est plus le même, il est désormais maître de son destin, prend le contrôle de la possession et cherche à poser son jeu. Tout n’est pas encore parfait, pour preuve, le premier acte face à el Arse de Rondina a vu les visiteurs se procurer les meilleures situations, a vu Aldosivi vaciller sous la pression adverse et manquer d’idées offensives, la faute aux difficultés à trouver des joueurs entre les lignes. Mais Pintita a une idée claire selon laquelle son équipe doit jouer et ce n’est pas négociable. « Nous avons une idée de jeu qui ne se négocie pas » a ainsi déclaré Gago après match, « mais l’équipe s’adapte à comprendre les systèmes, c’est le plus important ». Cette compréhension est illustrée par le fait Aldosivi s’obstine dans ses idées. Même lorsque ça coince. Et en est récompensé. L’ouverture du score sur coup de pied arrêté a bien aidé, mais la suite a vu un Tiburón qui a ensuite contrôlé la rencontre avant de prendre le large sur un doublé de Federico Andrada. L’ancien de River porte ainsi son total à quatre buts, meilleure performance depuis la saison 2016/17 avec Quilmes, et permet à Aldosivi de s’imposer à domicile pour la première fois depuis janvier 2020, mettant fin à une série de neuf défaites et un nul.

aldosivi

Pendant ce temps, Boca et River sont encore loin d’avoir trouvé leur rythme de croisière. La bande au Muñeco s’est parfois mise en danger toute seule face à Platense, a souvent manqué de justesse, technique et dans ses choix, mais s’est imposée. Une victoire qui sera probablement la seule chose retenue par Marcelo Gallardo tant son River n’a pas vraiment contrôlé la rencontre, a même souffert par moments et qui a été frappé par l’horrible fracture du bras de Javier Pinola (on vous fera grâce des images) qui va éloigner l’un des cadres de l’équipe pendant environ deux mois. Côté Xeneizes, on ne pourra même pas se satisfaire du résultat. Tout semblait bien parti pour la bande à Russo, qui contrôlait Sarmiento. Puis tout a vacillé sur la terrible blessure de Toto Salvio – ligaments touchés – et les changements du technicien de Boca qui a décidé de casser son côté fort Fabra-Cardona-Villa pour faire glisser ce dernier à droite et perdre la capacité à varier les offensives dans ses couloirs. Ajouté à cela toujours ce même souci au milieu de terrain, où il est si facile de s’intercaler, voilà comment Boca s’est retrouvé en danger, notamment après le golazo de Gabriel Alanís. Fort heureusement, Licha López, entré à la place d’Izquierdoz également blessé, a rapidement ramené les siens au score, mais le manque d’idée de jeu est de nouveau flagrant. Le Boca de Russo est toujours aussi inquiétant et semble encore naviguer à vue.

sanlorenzo

Naviguer à vue, San Lorenzo n’y arrive même pas, humilié chez lui par le petit Central Córdoba. Que retenir de ce naufrage ? Que la bande à Diego Dabove sait avoir la possession autant qu’elle ne sait pas qu’en faire. Pour preuve, l’ouverture du score : onzième minute, près de 90% de possession pour le Ciclón, une touche anodine, une relance horrible – plein axe – de Pittón, et Monetti pouvait aller chercher le ballon dans ses filets. La suite a été du même tonneau : possession, peu d’idées, quelques situations et surtout des carences défensives assez folles. Au final, Central Córdoba n’a eu qu’à se baisser pour profiter des cadeaux qui lui ont été offerts et s’impose 4-0. Le début de l’ère Dabove est un naufrage alors qu’approche le clásico face à Huracán, et le double affrontement avec la U de Chile en Libertadores. La tension est à son comble à Boedo.

Au milieu de tout cela, il reste des occasions de s’enthousiasmer. L’une d’entre-elles se nomme Vélez. Le Fortín de Mauricio Pellegrino déroule, porté par son formidable trio Lucero – Janson – Almada, et a tranquillement dominé un Argentinos Juniors de Gabriel Milito qui continue à errer, ne faisant qu’envoyer de longs ballons lors du match et signant une troisième défaite en autant de matchs. Vélez est donc solidement installé en tête de la Zona B, profitant de la défaite de Lanús pour prendre trois points d’avance sur un trio de poursuivant, Defensa y Justicia et Independiente revenant à hauteur du Granate.

Les buts

Résultats

fecha3

Classements

zonaA

zonaB

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.