La Corée du Sud a été éliminée de la Coupe du Monde 2026 dès la phase de groupes. Elle qui se voyait faire mieux qu’au Qatar en 2022, a finalement couru vers un désastre annoncé depuis plusieurs mois. Déclenchant un scandale que le pays aurait pu s’éviter.

Après être revenue du mondial qatarien sous les louanges, la Corée du Sud s’imaginait enchaîner sur sa belle performance pour l’après-Paulo Bento. Le sélectionneur portugais, au mandat le plus long dans l’histoire de la Korea Football Association (KFA), avait commencé à construire un projet sur le long terme, mais, sans explication, il n’a pas souhaité poursuivre l’aventure. Il a donc fallu trouver son remplaçant et après plusieurs semaines de tractations, Jürgen Klinsmann a été finalement choisi en février 2023. L’enthousiasme entourant l’arrivée de l’Allemand s’est néanmoins rapidement estompé. D’abord parce que les résultats n’étaient pas bons, avec cinq matchs sans victoires pour débuter. Surtout, son comportement a été pointé du doigt : une présence rare sur le sol sud-coréen, des conférences de presse organisées en vidéo depuis les États-Unis et un suivi de la K League via la plateforme Wyscout, entre autres. Jürgen Klinsmann n’en a eu que faire, expliquant que ses différents rôles auprès d’ESPN sur le sol américain et de l’UEFA en Europe sont tout aussi importants. Autant dire que le public sud-coréen n’a pas vraiment apprécié.

La Coupe d’Asie 2024 est ensuite entrée dans l’équation et a tout fait exploser. Malgré le très bon parcours ayant mené les Guerriers Taegeuk en demi-finales, personne n’a été convaincu. Au cours de la compétition, Jürgen Klinsmann en a énervé plus d’un par son comportement hautain, ses sourires après les contre-performances (trois matchs nuls en groupe face à des adversaires plus qu’abordables), ses choix tactiques, ses sélections ainsi que sa mise de côté du championnat national, la K League. L’affaire du ping-pong ayant conduit à l’altercation entre les deux stars, Son Heung-min et Lee Kang-in, a été la goutte de trop, surtout quand le sélectionneur a rejeté toute responsabilité et trouvé en cet incident la cause de la défaite face à la Jordanie, aux portes de la finale.

La fin de Jürgen Klinsmann, le retour de Hong Myung-bo

Après de longs jours d’attente et de bilan interne, Jürgen Klinsmann a finalement pris la porte et la Corée du Sud est revenue au point de départ à deux ans d’une Coupe du Monde qu’elle n’était pas encore certaine de disputer. Pour trouver son remplaçant, la KFA a pris son temps, voulant trouver le candidat parfait, qui fasse oublier les critiques et fasse plaisir à des supporters en colère. Le choix du successeur de l’Allemand a donc été long, très long, trop long. Hwang Sun-hong et Kim Do-hoon sont appelés chacun leur tour pour un intérim de deux mois afin de qualifier les Guerriers Taegeuk pour le troisième tour des qualifications asiatiques. Pendant ce temps, selon les rumeurs, les candidats furent nombreux à prétendre au poste de sélectionneur. Les premiers noms à fuiter ont été ceux d’Hervé Renard, de Jesse Marsch, Şenol Güneş ou encore Jesús Casas. Mais aucun n’a donné satisfaction à la KFA. En charge du comité de sélection, Jeong Hae-seong a expliqué toutes les raisons qui ont fait qu’aucun dossier n’a été concluant : entre Jürgen Klinsmann bis, entretien qui tombe à l’eau ou seulement des prises de contact... La fédération ne trouvait pas chaussure à son pied.

Lors de la deuxième phase, Lee Lim-saeng a pris le relais pour mener les entretiens avec les nouveaux candidats. Un homme, dont la carrière se résume à un passage désastreux sur le banc des Bluewings entre 2019 et 2020, a donc été en charge de régler l’épineux sujet du sélectionneur. Il a eu la mission de rencontrer Gustavo Poyet et David Wagner en Europe puis de rencontrer Hong Myung-bo à Seoul. Avec le libre choix de la décision finale, donnée par Chung Mong-gyu, président de la KFA. Un processus qui, d’après l’audit mené par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme sud-coréen, était inéquitable. L’ancien défenseur international sud-coréen avait visiblement déjà fait son choix puisqu’il a lourdement insisté auprès de l’Éternel Libéro pour qu’il reprenne le rôle de sélectionneur. Un rôle qu’il ne voulait pas, refroidi par son passage en 2014, mais qu’il a fini par accepter face à l’insistance de Lee Lim-saeng. Au grand dam d’Ulsan, de ses supporters et des Sud-Coréens. Il faut dire que voir revenir celui à qui a été imputé le fiasco du Mondial brésilien ne fait que très peu d’heureux. Encore plus quand, après cette nomination, plusieurs médias sud-coréens ont rapporté que David Wagner avait accepté toutes les demandes de la fédération mais qu’il avait appris que sa candidature avait été rejetée dans la presse. Quoi qu’il en soit, Hong Myung-bo a pris les rênes de la sélection et s’est vu imposer un staff technique qui n’était pas le sien chez les Tigres, dont un certain Joao Aroso.

Hong Myung-bo ne convainc pas, João Aroso allume la mèche

Pour son premier objectif, le nouveau sélectionneur devait qualifier la Corée du Sud pour la Coupe du Monde 2026. Chose qu’il a faite, mais sans que son équipe soit convaincante malgré un parcours parfait : six victoires, quatre matchs nuls et aucune défaite lors de l’ultime tour qualificatif. Les Guerriers Taegeuk n’ont emballé personne et n’ont gagné que deux de leurs cinq matchs à domicile. Ajoutez à cela certaines critiques adressées à Jürgen Klinsmann qui sont désormais envoyées à Hong Myung-bo, comme la mise de côté de la K League et des joueurs qui continuent d’être appelés au profit d’autres sans logique sportive claire, avec un avantage donné à des joueurs qui partent se perdre en Europe. La colère et le pessimisme qui étaient montés après l’arrivée du capitaine de l’épopée 2002 sur le banc n’ont donc pas faibli. Ils ne faibliront jamais.

La qualification en poche, le staff technique a changé son fusil d’épaule. Il a décidé de faire table rase de l’année écoulée et de se lancer dans un nouveau schéma tactique pour la Coupe du Monde : une tactique en 3-4-3. Un changement incompréhensible et qui, surtout, n’a pas fonctionné, mais qui a été reconduit match après match malgré de grosses déconvenues (5-0 face au Brésil, 4-0 face à la Côte d’Ivoire). C’est là que le rôle de João Aroso est dévoilé. Par lui-même. Dans une interview à un média portugais, il a déclaré qu’il s’occupait de la tactique et de la gestion des matchs tandis que Hong Myung-bo faisait office de visage sud-coréen censé apaiser les tensions avec les supporters. Le Portugais a ensuite exposé l’ensemble de la tactique de la Corée du Sud, le plan de jeu et les compétences recherchées chez les joueurs, qui doivent être polyvalents. Pour illustrer les limites de ce dernier point, il suffit de s’intéresser au jeu sur les ailes, inexistant par la surreprésentation de profils axiaux capables d’évoluer sur un côté. Ce qui fait perdre toutes capacités de percussion et donc, en conséquence, tout moyen de déstabiliser l’équipe adverse. A la lecture des propos de Joao Aroso, il apparaît évident que finalement tout a été fait pour que ça ne fonctionne pas.

Le Portugais a également expliqué son arrivée dans le staff de la sélection. La KFA lui a fait une première offre, alors qu’il était directeur technique de Famalicão (Portugal), qu’il a refusée. Mais la fédération sud-coréenne a de nouveau insisté et s’est déplacée au Portugal pour le rencontrer. Son passé explique probablement le choix de la fédération : João Aroso a travaillé avec Paulo Bento au Sporting entre 2005 et 2009. De quoi valider totalement son profil assez peu fourni. Cette sortie a fait l’effet d’une bombe. Des excuses et l’argument des propos tronqués plus tard et la KFA a décidé de verrouiller toute communication autour des Guerriers Taegeuk. Mais le mal était fait et la blessure était profonde.

Les scandales de la KFA émergent

Parallèlement, en novembre 2024, la KFA a fait face aux conclusions de l’audit lancé par le ministère de la Culture et des Sports après les irrégularités constatées dans le processus de sélection de Jürgen Klinsmann et de Hong Myung-bo. De nombreuses personnes ont été auditionnées, dont le président Chung Mon-gyu, Hong Myung-bo ou encore Lee Lim-saeng, qui a été accusé de parjure peu après. Résultat, vingt-sept cas d’actions illégales ou inappropriées sont relevés. Parmi eux :

  1. Violation des procédures de nomination des deux précédents sélectionneurs,
  2. détournement des subventions lors de la construction du Korea Football Park, le nouveau centre d’entraînement ultra-moderne qui a mis à mal les finances de la KFA,
  3. tentative d’amnistie de cent personnalités du football, dont plusieurs pour matchs truqués, sans respect des règlements
  4. versement d’honoraires de conseil sous forme de salaire mensuel pendant trois ans,
  5. délivrance non justifiée de certification de coaching de haut niveau permettant d’entraîner des clubs et des sélections nationales,
  6. mauvaise gestion des informations personnelles.

Le ministère a demandé à la KFA de prendre des sanctions contre plusieurs personnes de ses responsables, dont Chung Mong-gyu. L’instance dirigeante du football sud-coréen ne s’est toutefois pas laissée faire. Elle a intenté une action en justice pour essayer de démontrer que le processus du gouvernement est illégal. Le temps du traitement du dossier, en février 2025, Chung Mong-gyu a décroché un quatrième mandat exceptionnel à la tête de la fédération. Malgré des élections entachées de polémiques, ayant obligé la justice à les suspendre en janvier. Finalement, en avril 2026, la justice a débouté la fédération et le ministère est revenu à la charge pour que des sanctions soient appliquées. Face à la forte pression, le 29 mai 2026, Chung Mong-gyu a annoncé sa démission de son poste pour le 19 juillet, juste après la Coupe du Monde.

La Coupe du Monde 2026, le chant du cygne

La Coupe du Monde arrive enfin. Mais pour débuter une compétition internationale, l’ambiance générale aurait pu être meilleure. Hong Myung-bo a bien tenté d’apaiser une partie des tensions sportives en promettant, lors d’une interview avec KBS, qu’il n’insistera pas avec son 3-4-3. À l’issue de la compétition, l’impression d’avoir été pris pour des imbéciles, pour être poli, est grande. Le camp d’entraînement dans l’Utah, où le 3-4-3 a de nouveau été largement utilisé face à Trinité-et-Tobago puis au Salvador, n’a pas franchement rassuré sur le niveau de la Corée du Sud malgré deux victoires. Pour ne rien arranger, les joueurs, Son Heung-min et Hwang In-beom en tête, ont répété aux journalistes qu’ils visaient mieux qu’au Qatar. A savoir un quart de finale. Difficile de savoir s’ils croyaient vraiment à leurs propos ou s’ils se sentaient pousser des ailes à l’approche du Mondial. Les discours ne collaient pas avec les performances, et pas uniquement celles récentes.

Pour lancer leurs parcours, les Guerriers Taegeuk se sont imposés dans la douleur face à la Tchéquie (2-1). Une victoire en trompe l’œil, qui a berné tous les supporters et les observateurs au point de faire passer la faiblesse des Tchèques au second plan. Le 3-4-3 a montré quelques signes d’encouragement, certains joueurs dont Lee Kang-in et Hwang In-beom ont répondu aux attentes malgré un Son Heung-min en délicatesse. Surtout, le résultat a permis de faire du bien dans l’opinion et d’écarter le tourbillon médiatique qui se serait abattu sur la tête de la Corée du Sud en cas de défaite. Bien lancés, les hommes de Hong Myung-bo et leurs fans se sont mis à rêver. Mais la réalité a rapidement refait descendre tout le monde sur terre. Et la chute est rude.

Un match insipide face au Mexique perdu sur une faute de main de Kim Seung-gyu (0-1) puis une déroute face à l’Afrique du Sud sur le même score plus tard et le typhon a emporté tout un pays. La qualification, pourtant à portée de main, s’est éloignée. S’est envolée même après la fin de la phase de groupes.

La fureur s’est emparée de la Corée du Sud. Le moindre détail est utilisé contre un seul homme : Hong Myung-bo. L’annonce de sa démission n’y a rien changé et ne lui a pas permis d’être épargné par les débordements. Son premier revers en 2014 lui est renvoyé au visage, la tactique en 3-4-3, qu’il avait assuré ne pas vouloir imposer jusqu’au bout, également. Le crime de lèse-majesté n’est pas oublié : avoir mis Son Heung-min, la star de tout un peuple, sur le banc. Une décision pas si absurde sur le plan sportif, mais qui est forcément critiquée si les résultats ne suivent pas dans un pays qui a beaucoup de mal à se séparer de ses idoles ou bien à ouvrir les yeux sur leur réel niveau.

La fureur

L’élimination actée, tout le côté sombre de la société sud-coréenne s’est déchaîné. La colère intense et la rancune tenace que la KFA a fait germer depuis plusieurs années chez les uns et les autres se libèrent. Tout le monde y est allé de sa critique envers Hong Myung-bo. Ses anciens coéquipiers de la génération 2002 n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, Park Ji-sung, Lee Yong-pyo et Lee Chun-soo en tête. Le premier a néanmoins fait un constat implacable : le football sud-coréen est malade depuis plusieurs années. L’échec de 2014, dont le souvenir est resté vif chez beaucoup et est remonté à la surface avec le retour de Hong Myung-bo sur le banc, n’a servi à rien pour l’ancienne tête d’affiche des Guerriers Taegeuk. Selon lui, la KFA a répété inlassablement les mêmes erreurs et doit être réformée en profondeur, même si les dix prochaines années doivent être sacrifiées.

Du côté des supporters, les messages de haine envers le sélectionneur et certains joueurs, accusés d’avoir été mauvais à l’instar de Seol Young-woo, se déversent sur les réseaux sociaux. À tel point que, le match face à l’Afrique du Sud à peine terminé, l’agent de ce dernier annonce que des mesures judiciaires seront prises si nécessaire. Certains restaurants et supérettes 24h/24 ont collé des affiches sur leur porte avec la mention « Entrée interdite à Hong Myung-bo ». Une seule phrase positive « Bienvenue à Hong Myung-bo » est visible. Sur la porte d’une clinique psychiatrique. Des menaces de mort ont même été prononcées à l’encontre du sélectionneur, obligeant la police à mobiliser un service d’ordre de cent agents pour le retour au pays de la délégation.

Le groupe de supporters de la Corée du Sud, les Red Devils, a publié un communiqué appelant Hong Myung-bo à ne plus jamais entraîner sur le territoire. L’accusant de ne pas s’être excusé lors de sa conférence de presse de démission et d’avoir insulté les fans dans son discours. Un propos extrême de la part de personnes qui, derrière, n’iront pas voir la K League, n’ont pas vu l’Ulsan de l’Éternel Libero. Mais elles se rendront à quatre heures du matin dans un aéroport pour insulter un homme devant les caméras, cette fois-ci véritablement. D’autres fans ont également demandé à ce que les images de Hong Myung-bo en 2002 soient retirées de la vidéo de l’hymne national diffusée avant les matchs. Pour un échec en tant qu’entraîneur, certains veulent renier le passé. La cancel culture à la sud-coréenne fonctionne à plein régime.

Finalement, si la prestation de la Corée du Sud a été une honte à l’international à leurs yeux, leur propre comportement n’en est pas une dans leur esprit. Que ce soit du simple supporter au plus haut niveau de l’État. Le président de la République a été rapide à réagir en mettant en cause les compétences du sélectionneur après l’élimination, jusqu’à présenter lui-même ses excuses à la population. Il a aussi été très vif pour soutenir les joueurs, le 1ᵉʳ juillet, lorsque Son Heung-min est rentré au pays un jour après Hong Myung-bo, sous les applaudissements. Naviguer avec le vent, tout remettre sur un homme et applaudir les pauvres joueurs.

Son Heung-min, qui ne porte jamais son équipe dans les grands rendez-vous et dont les trois buts en Coupe du Monde n’ont jamais été décisifs ? Cette soi-disant « génération dorée », qui n’a rien gagné mais qui joue pour la plupart en Europe... sans rien gagner (mis à part Kim Min-jae), n’a donc pas le droit d’être remise en cause ? Le football sud-coréen est autant parasité par sa fédération que par ses suiveurs.

L’avenir sur un fil

Désormais, le football sud-coréen doit se tourner vers l’avenir et mettre derrière lui ce cycle de quatre ans à nouveau catastrophique. Il doit avancer, apprendre de ses erreurs, contrairement à ce qu’il a fait par le passé, souligné à juste titre par Park Ji-sung. Mais ne doit pas tomber dans l’excès comme les effets d’annonce du gouvernement actuel. De sorte à ne pas se prendre un retour de flamme de la FIFA.

La première bonne nouvelle est qu’un changement de gouvernance aura lieu puisque Chung Mong-gyu doit démissionner de son poste, comme il l’a annoncé. Il sera ainsi confronté à ses problèmes judiciaires, loin du football. Ce sera le premier tournant, faire le bon choix. Les candidats ne sont pas encore connus, mais leur programme et leur vision pour l’avenir seront scrutés de très près. Reste à savoir comment sera opéré le scrutin puisque le comité olympique sud-coréen et le ministère de la Culture, des Sports du Tourisme souhaitent revoir les règles des élections des fédérations sportives nationales. Parmi les idées discutées, la fin du délai de soixante jours suivant la vacance du poste du président pour l’organisation d’un vote pour donner le temps à la KFA d’élargir son nombre de votants, actuellement au tour de deux cents personnes. Le changement pourrait donc être plus long à venir que prévu.

Le deuxième choix crucial que devra faire la fédération est celui de son sélectionneur. Mais sans gouvernance claire, le choix final pourrait être retardé et des intérimaires pourraient prendre en charge la sélection pour les matchs de l’automne. La Coupe d’Asie semble d’ores et déjà compromise. Mais qu’importe. Il faut viser la suivante, celle de 2032. Le sélectionneur qui sera désigné doit également venir sur un temps long, ne pas prendre la porte après un ou deux ans comme c’est le cas depuis 2002, hors Paulo Bento. Il ne doit pas non plus avoir pour mission principale la Coupe du Monde 2030. La Corée du Sud doit redevenir maître en Asie avant d’espérer quelque chose sur la scène mondiale. Pour rappel, le dernier titre des Guerriers Taegeuk remonte à 1960, année de la deuxième victoire en Coupe d’Asie. Troisième chose à prendre en main par la fédération, la formation. Établir un plan clair dans les équipes de jeunes. Évacuer tous les entraîneurs recyclés qui prennent en charge ces équipes et qui n’ont pas de bons résultats ces dernières années en proposant un football ancien et sans idée. Les Asian Games 2026, qui pourraient permettre à une génération d’éviter le service militaire et d’attirer plus facilement des équipes étrangères, s’annoncent déjà difficiles.

Enfin, côté joueur justement, il faudra dire au revoir à une génération, celle de Son Heung-min, Lee Jae-sung et Kim Seung-gyu. Faire place à du sang neuf, à une nouvelle dynamique, notamment au tour de Lee Kang-in. Mais les joueurs doivent aussi prendre conscience d’une chose : jouer a son importance. Lee Kang-in, aussi bon qu’il peut être, doit jouer et ne pas finir sur le banc quand les matchs à enjeu arrivent. Les joueurs doivent également éviter de fuir la K League à la moindre offre européenne, sans projet de carrière. À l’image d’un Jeon Jin-woo qui quitte Jeonbuk pour Oxford United en Championship, désormais relégué en League One. Ou comme Yang Min-hyeok, en pleine explosion à Gangwon, qui a signé très vite à Tottenham et qui ne joue pas lors de ses prêts en Championship. Ou éviter les départs au Moyen-Orient pour l’argent, sans compétitivité. Le retour en sélection fait mal, le niveau n’est plus au rendez-vous. Il faut aussi que les Sud-Coréens suivent leur football, la K League et plus uniquement le football étranger, érigé comme largement supérieur. Ce qui permettra au football national de se développer, de progresser et de devenir de plus en plus fort. Tout est une question d’agents d’une part, et de vision d’autre part.

Sans tous ces ingrédients, il est fort probable que le football sud-coréen n’évolue jamais et poursuive sa chute inéluctable.

Photo une : David Ramos/Getty Images ; autres photos : Carl Recine/Getty Images et Luke Hales/Getty Images./i>

Baptiste Mourigal
Baptiste Mourigal
Rédacteur Asie, spécialisé Corée du Sud (K League, KFA) à suivre sur @KleagueFR