Suite de notre guide sur l’AFC Champions League 2019. Place désormais aux groupes E, F, G et H, qui regroupent les clubs de l’Asie de l’Est. 

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Guide de la compétition – 1e partie : Asie de l’Ouest

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Commençons par les tenants du titre, les Kashima Antlers. Les hommes de Go Oiwa ont dû se défaire des Newcastle Jets (Autralie) en barrages (victoire 4-1) pour sécuriser leur place dans cette phase de groupes. Les deux Brésiliens buteurs en finale de l’AFC Champions League 2018, Léo Silva et Serginho, sont toujours présents. Au contraire des défenseurs Gen Shoji et Daigo Nishi, partis respectivement à Toulouse et à Kobe. Sinon, peu de mouvements, si ce n’est l’arrivée de Sho Ito déjà buteur pour ses trois premières apparitions sous ses nouvelles couleurs, et celle de Ryohei Shirazaki en provenance du Shimizu S-Pulse. Il faudra aussi suivre d’un œil avisé l’évolution du jeune milieu gauche Hiroki Abe, vingt ans, dont le potentiel est intéressant.

Les Kashima Antlers devraient se battre pour la première place avec leurs voisins chinois du Shandong Luneng. Troisième de la Chinese Super League en 2018 mais absent de l’AFC Champions League depuis 2016, le club du président Li Tongzhi doit sa qualification en poules grâce à une victoire quatre buts à un face aux Vietnamiens de Hà Nội en barrages. Tous les projecteurs seront braqués sur la recrue phare hivernale, Marouane Fellaini. Recruté pour douze millions d’euros à Manchester United, le Belge de trente et un ans sera l’homme providentiel du milieu de terrain. Il partagera la vedette avec l’autre star de l’équipe, l’international italien Graziano Pellè, au club depuis 2016 et auteur d’une dernière saison prolifique avec seize buts inscrits en vingt-six apparitions en Chinese Super League. Le Brésilien Gil, défenseur central de trente et un ans, ainsi que plusieurs internationaux chinois, tenteront aussi d’aider le club à gagner son ticket pour les huitièmes de finale. 

Deux petits nouveaux viennent compléter ce groupe E. A commencer par les Coréens de Gyeongnam. La progression de ce club fondé en 2006 est impressionnante. En 2016, ils se noyaient dans les troubles profondeurs de la seconde division coréenne. L’année suivante, ils ont été champions de K League 2 et les voilà maintenant directement qualifiés en AFC Champions League grâce à une seconde place obtenue en K League 1 en 2018. Gyeongman s’est malheureusement fait chiper son meilleur buteur à l’intersaison. Le Brésilien Marcão, vingt-quatre ans et auteur de quarante-huit buts en deux saisons depuis son arrivée du Brésil en 2017, s’est envolé vers le Hebei China Fortune contre un chèque d’un peu plus de cinq millions d’euros. Une perte conséquente mais Luc Castaignos a été désigné pour la combler. Arrivé libre du Sporting Portugal, le Néerlandais, en manque de confiance depuis son départ de Twente en 2015 où il venait de faire trois saisons remarquables (quarante-deux buts en cent quatorze matchs) compte bien se relancer en Corée. Il sera épaulé par un bon groupe de joueurs locaux mais aussi par l’ailier brésilien Negueba, déjà présent la saison dernière, et par le milieu anglais Jordon Mutch, vingt-sept ans, prêté en 2018-2019 à Vancouver par Crystal Palace et désormais lié avec le Gyeongnam FC

Le petit poucet du groupe se nomme Johor Darul Ta’zim. La force dominante du football malaisien ces dernières saisons (cinq titres nationaux depuis 2014) a remporté la Coupe de l’AFC en 2015, une compétition destinée aux pays jugés « en développement » par l’AFC. Cette année, le niveau sera plus élevé, mais l’effectif de Raúl Longhi possède de nouvelles forces avec les arrivées du milieu offensif argentin Leandro Velázquez (Rionegro Águilas), du défenseur central brésilien Maurício (Lazio) et surtout du meilleur buteur du précédent championnat thaïlandais, Diogo (Buriram) (cent un buts en cent cinq apparitions avec le Buriram United). Des recrues qui viendront prêter main forte au meilleur buteur du club la saison passée, l’Argentin Gonzalo Cabrera (neuf buts en vingt-deux matchs).

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Le favori de ce groupe F n’est autre que le vainqueur des éditions 2013 et 2015, le Guangzhou Evergrande. Le club chinois, éliminé dès les huitièmes de finale en 2018 par le Tianjin Quanjian, a terminé deuxième de la Chinese Super League la saison dernière. Leur série record de sept titres d’affilée a été stoppée par le Shanghai SIPG. Ajoutez à cela les départs en prêts des stars brésiliennes Ricardo Goulart à Palmeiras et d’Alan au Tianjin Tianhai et des questions peuvent logiquement se poser dans la capitale de la province du Guangdong. Mais le coach italien Fabio Cannavaro n’est pas en reste. Il tient à sa disposition Paulinho, de retour en Chine depuis juillet après une escapade d’un an au FC Barcelone, le milieu offensif Talisca, auteur de seize buts et huit passes décisives en dix-huit matchs en 2018 ainsi que le petit nouveau fraîchement débarqué d’Everton, Tyias Browning, vingt-quatre ans.

Le premier ticket étant promis, sauf surprise, au Guangzhou Evergrande, le second devrait s’arracher entre les trois équipes restantes. Le Melbourne Victory de Keisuke Honda et de l’ancien toulousain Ola Toivonen est un sérieux prétendant. Le tenant du titre en Australie, coaché par Kevin Muscat depuis 2013, est un club stable au pays mais qui peine à exister hors de ses frontières. En six apparitions depuis 2008, le Melbourne Victory n’a atteint qu’une seule fois le stade des huitièmes de finale de l’AFC Champions League. C’était en 2016. Le Sanfrecce Hiroshima fait lui son retour dans la compétition après deux ans de galères en championnat où les Japonais ont terminé sixièmes en 2016 puis quinzièmes en 2017. Ils ont su se relever, à moitié, pour décrocher une place en play-offs de la plus belle des compétitions asiatiques grâce à une seconde place en 2018. À moitié puisque le Sanfrecce Hiroshima a vécu une deuxième partie de saison catastrophique où seuls deux points ont été récoltés sur vingt-sept possibles. Le titre leur était pourtant promis. L’effectif n’a pas vraiment bougé depuis et les hommes d’Hiroshi Jofuku se sont fait peur puisqu’ils doivent leur qualification à une victoire aux tirs au but face aux Thaïlandais de Chiangrai United en barrages. 

Daegu va faire sa première apparition dans le tournoi et pourrait bien profiter de l’incertitude qui entoure ce groupe pour se muer en fauteur de troubles. Le club coréen doit sa qualification grâce à une victoire cinq buts à un au cumulé en coupe nationale contre l’Ulsan Hyundai, ce qui est le premier titre de l’histoire du club fondé en 2002. En 2016, Daegu jouait encore en seconde division coréenne. Les attaquants brésiliens Edgar Silva et Ceisinha, seize buts inscrits la saison dernière en championnat seront les hommes à suivre.

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Il se pourrait que ce soit le groupe de l’Asie de l’Est le plus relevé. Et pour cause, il y a ici deux doubles vainqueurs de la compétition. Les Red Diamonds d’Urawa l’ont remporté en 2007 et 2017. Les Japonais ont été absents de l’édition 2018 mais la victoire en finale de la Coupe de l’Empereur contre le Vegalta Sendai (1-0) leur permet de goûter à nouveau aux joutes asiatiques. Ils s’appuieront sur leur coach brésilien Oswaldo de Oliveira, trois fois de suite champion du Japon avec les Kashima Antlers en 2007, 2008 et 2009, pour tenter de faire aussi bien qu’en 2017. Le talentueux gaucher Ryosuke Yamanaka a été recruté au début de l’année et viendra renforcer un onze qui s’est étoffé avec les arrivées du milieu défensif brésilien de Portimonense, Ewerton, et l’ancien attaquant du Cerezo Ozaka, Kenyu Sugimoto.

Jeonbuk a de son côté soulevé le trophée en 2006 et 2016. Les Coréens reviennent dans la compétition après avoir glané un quatrième titre national en cinq saisons avec plus de vingt points d’avance sur le deuxième, Gyeongnam. Absents de l’édition 2017, suite à leur exclusion à quelques semaines du coup d’envoi de l’épreuve, ils ont atteint les quarts de finale en 2018. Depuis peu, le Portugais José Morais est leur nouvel entraîneur. Il vit sa première expérience en Asie de l’Est après avoir déjà entraîné treize clubs différents à travers l’Europe, l’Afrique et l’Asie de l’Ouest. Le quatuor offensif de feu qui a inscrit quarante-cinq des soixante-quinze buts du club la saison passée en championnat est toujours présent. Il est composé des Brésiliens Adriano et Ricardo Lopes, et des Coréens Dong-guk Lee et Shin-uk Kim.  

Dans ce même groupe, il ne faudra pas sous-estimer le club de la capitale chinoise. Le Beijing Sinobo Guoan de l’entraîneur allemand Roger Schmidt dispose de joueurs qu’on ne présente plus. Cédric Bakambu, Jonathan Viera et Renato Augusto. Le premier a trouvé à dix-neuf reprises le chemin des filets en 2018, terminant quatrième meilleur buteur du championnat. Les deux autres ont délivré vingt-trois passes décisives et marqué vingt et un buts. L’international coréen Kim Min-jae a été recruté pour plus de cinq millions à Jeonbuk. Il vient compléter un effectif vainqueur de la dernière Coupe de Chine et quatrième de la Chinese Super League 2018. Cela faisait trois longues années que les Chinois étaient absents de l’AFC Champions League, leur meilleur résultat étant un huitième de finale en 2015. 

Petit poucet sur le papier mais plein d’ambitions, Buriram United tentera de revivre l’épopée 2013 qui les avait emmenés jusqu’en quarts de finale. L’ancien messin Modibo Maïga et le joueur passé par les Kashima Antlers, Pedro Júnior, auront la lourde tâche de faire oublier la perte de leur meilleur buteur, Diogo, parti chez le voisin malaisien du Johor Darul Ta’zim. Le club du Nord-Est de la Thaïlande, champion national, s’appuiera sur l’expérience du milieu défensif japonais Hajime Hosogai recruté cet hiver et passé par Leverkusen et le Hertha Berlin. L’effectif du Monténégrin Bozidar Bandović est jeune (vingt-cinq ans de moyenne d’âge) et composé de joueurs thaïlandais en devenir tels que l’ailier Supachai Jaided, vingt-ans, buteur contre la Chine lors de la Coupe d’Asie, et le milieu offensif Supachok Sarachat, auteur d’un doublé face à Chonburi en ouverture du championnat. 

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Hulk. Oscar. Elkeson. Le trio offensif brésilien fait toujours soulever les foules du Shanghai SIPG après déjà quelques années passées dans l’Empire du Milieu. Les deux premiers cités, anciennes stars respectivement du FC Porto et de Chelsea, ont été les grands artisans du premier titre national remporté dans l’histoire du club la saison dernière. Treize buts et treize passes décisives pour Hulk. Douze buts et dix-huit passes décisives pour Oscar. Sans oublier l’importance du meilleur joueur chinois de l’année, Wu Lei (vingt-sept buts et huit passes décisives), dans ce sacre. Mais l’international chinois s’est envolé vers le Vieux Continent, à Barcelone, en signant à l’Espanyol contre deux millions d’euros fin janvier. La meilleure défense de la Chinese Super League 2018 reste quant à elle la même, avec notamment les internationaux Yan Junling (gardien) et Shi Ke (défenseur central). Dans la compétition, en trois participations, le SIPG s’est toujours sorti des poules, en allant jusqu’en demi-finale de l’édition en 2017.

Le Kawasaki Frontale de Toru Oniki s’est lui fait sortir dès la phase de groupes de la précédente AFC Champions League en terminant bon dernier de sa poule remportée par un certain… Shanghai SIPG. Les Japonais, champions en titre de la J.League après une folle « remontada » en seconde partie de saison, comptent faire beaucoup mieux à l’orée d’une nouvelle apparition sur la scène asiatique. Dans cette démarche, le Frontale a tenté un coup de poker sur le mercato en faisant signer Leandro Damião. L’attaquant brésilien a relancé sa carrière au Brésil en inscrivant dix buts en vingt-six match avec l’Internacional l’an passé. Et il s’est déjà montré décisif pour sa première avec Kawasaki en offrant la Super Coupe à son équipe contre Urawa. En soutien, il pourra compter sur le trio local Ienaga – Nakamura – Kobayashi (auteur de dix-huit passes décisives lors du dernier championnat) pour lui servir quelques caviars. 

Autre beau morceau de ce groupe, l’Ulsan Hyundai FC. Vainqueur de la compétition en 2012 puis huitième-de-finaliste en 2018, le club coréen est issu des barrages (victoire cinq buts à un face aux Malaisiens de Perak). Troisième de son championnat derrière Jeonbuk et Gyeongnam, Ulsan a été porté par son avant-centre brésilien Júnior Negāo, inscrivant vingt et un buts dans une saison réussie grâce à une redoutable efficacité à domicile.  

Ultime équipe à présenter, le Sydney FC. Le champion de la saison régulière australienne en 2017 et 2018 peine à exprimer tout son potentiel en Asie où il ne s’est hissé qu’une seule fois en huitième de finale en quatre participations à l’AFC Champions League, c’était en 2016. Le club australien aura l’avantage d’être déjà bien en forme puisqu’il a repris son championnat depuis fin octobre. Un détail à ne pas négliger à l’heure où les championnats de ses adversaires de ce groupe H ont tout juste repris. Du côté de l’effectif, la bande à Steve Corica jouit de l’efficacité de son nouvel attaquant, l’Anglais Adam Le Fondre, déjà décisif à quatorze reprises en A-League. Le milieu de terrain s’est renforcé avec l’arrivée en prêt du joueur de l’Ajax, Siem De Jong. La défense n’a quant à elle pas bougé d’un poil et se montre solide en ayant encaissée vingt-deux buts en vingt et une rencontres.

 L’AFC Champions League peut enfin débuter. Vous pourrez bien évidemment la suivre journée après journée sur Lucarne Opposée.

Jordan Bozonnet
Jordan Bozonnet
Journaliste sportif. Suit l’essor du football exotique pour @LucarneOpposee. Passé par @TournoiMRevello, @ledauphine et @oetl. 👨🏼‍🎓@EDJ_Nice.