Journée de tous les dangers pour les rois des coupes argentins. Sous la menace d’une élimination dès la phase de groupe, Boca Juniors et Independiente ont montré qu’il ne fallait pas encore les enterrer. Même si ce fut parfois sans briller.

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Un déplacement à Barranquilla n’est jamais une sinécure, il l’est d’autant moins lorsqu’il s’agit de préserver ses chances de survie en Libertadores. En allant affronter Junior au Metropolitano, Boca se savait en danger, une défaite signifiant une élimination pure et simple dès la phase de groupe. Un cataclysme pour une équipe visant le titre. Si Boca peut s’estimer finalement heureux d’être encore en vie dans la compétition, voire en ballotage favorable, nous allons y revenir, il ne peut certainement pas se réjouir de sa performance. Wilmar Barrios de retour en sentinelle, Tevez placé en neuf avec Pavón à gauche et Reynoso à droite, le 4-3-3 de Barros Schelotto semble totalement épuisé, sans idée. Pire, il a même perdu sa belle fluidité que l’on avait par exemple vue à l’Allianz Parque. Alors Boca a souffert, un peu, par séquences, notamment en fin de match, mais finalement Boca n’a pas été si souvent en danger. La faute à un Junior guère brillant dans le jeu, qui s’en est remis aux percées dévastatrices d’un Yimmi Chará des grands soirs, mais qui s’est retrouvé bien seul devant tant ses coéquipiers, à commencer un Teófilo Gutiérrez totalement hors sujet, n’ont pas été au niveau. Un penalty inexistant transformé en deux temps par Ruiz, un csc du même Ruiz, voilà pour les émotions, pour le reste, la copie aura été des plus décevante. Junior laisse passer l’occasion de couler définitivement Boca et se retrouve désormais en très grand danger. Car si les Colombiens sont deuxièmes à quatre-vingt-dix minutes de la fin, les hommes de Julio Comesaña vont devoir aller chercher une victoire au Brésil, sur les terres d’un Palmeiras plusieurs crans au-dessus. Car dans le même temps, Boca accueillera l’Alianza Lima à la Bombonera et pourra alors, au prix d’une victoire, décrocher la qualification.

Le spectre d’une élimination précoce planait aussi sur les têtes de l’actuel Rey de Copas, Independiente. Dernier du groupe à l’heure de se rendre au Brésil y défier un Corinthians qui pouvait assurer sa qualification, on commençait à craindre le pire pour le Rojo d’Holan. Histoire de ne pas douter, les Argentins ont frappé d’entrée. Une-deux magnifique entre Romero et Meza, l’ancien Rennais se jette et voit sa frappe repoussée par Cássio mais Martín Benítez a bien suivi. On joue depuis à peine plus d’une minute, le Rojo va faire la course en tête, la meilleure idée possible face à un Corinthians plus habitué à contrer qu’à produire du jeu. Le côté gauche du Timão ne cessait de souffrir des montées de Bustos et des percées de Meza, Independiente se procurait deux autres énormes occasions dans les six premières minutes et s’installait dans le match. Les hommes d’Holan allaient trouver juste récompense une vingtaine de minutes plus tard lorsque Romero déviait un corner dans son propre but. 2-0, l’Arena Corinthians était KO mais reprenait rapidement espoir lorsque Romero se rattrapait en lançant Jádson pour la réduction du score. Le match s’équilibrait en termes d’occasions, Capaña sauvait devant Romero, la défense du Timão résistait aux offensives rouges. Independiente virait en tête à la pause, le second acte allait être plus pauvre en occasions, celles-ci naissant le plus souvent de coups de pied arrêtés comme la tête non cadrée de Figal ou les quelques centimètres manquant au bout du pied de Rodriguinho seul au second poteau en milieu de second acte. Entré pour apporter un nouvel espoir offensif, Emerson Sheik réussissait l’exploit d’être exclu alors qu’il n’était sur le terrain que depuis deux minutes, l’affaire était pliée, le Corinthians tombe chez lui. Et voilà comment à deux journées de la fin, Independiente se replace dans la course à la qualification dans un groupe plus ouvert que jamais, trois points séparant le leader Corinthians du dernier Lara.

Pendant que Cruzeiro continuait d’affirmer sa supériorité sur son groupe en atomisant Vasco, pliant l’affaire en une demi-heure, une semaine après avoir réduit en poussière la U de Chile, avant de souffrir mais tenir en seconde période dans un choc brésilien marqué par de gros soucis en tribunes (qui ont interrompu le jeu en première période), deux autres matchs avaient des airs d’opération survie.

À Tucumán, Peñarol savait qu’il jouait gros et qu’une défaite le mettrait en grand danger. Malheureusement, le groupe de Leo Ramos ne cesse de démontrer qu’il tire la langue depuis plusieurs semaines. Si Agustín Canobbio est toujours aussi actif, Peñarol peine toujours autant à générer une once de jeu et n’a comme recette principale que son cœur à défaut de football. Malheureusement pour les Carboneros, le cœur, le Decano de Tucumán en a tout autant et il possède aussi quelques joueurs capables de profiter de la moindre opportunité. C’est sur l’une des rares occasions véritables dans le jeu qu’Acosta a pu servir Leandro Diaz lequel s’est amusé de Franco Martínez avant de fusiller Dawson. Peñarol s’est ensuite totalement délité, l’Atlético Tucumán a pu dérouler, se procurant encore quelques belles situations et s’en sort ainsi avec une victoire essentielle. Il suffira en effet d’un point face à Libertad pour que les Argentins se retrouvent en huitièmes de finale. Les rêves de Libertadores des Carboneros n’ont jamais été aussi proches de s’envoler.

Ceux de Colo-Colo sont encore intacts. En déplacement à Manta, le Cacique, qui tente de se soigner en coulisses, s’en est remis à ses valeur sûres, Jorge Valdivia – Esteban Paredes – Jaime Valdes. Ce dernier à ouvert le score en milieu de premier acte au terme d’une occasion générée par les deux autres membres du trio, le second a donné de l’air à son équipe en transformant un penalty obtenu par le premier juste avant la pause. Le Cacique chilien s’est souvent fait peur, surtout en seconde période lorsque Delfín a pressé (surtout dans le premier quart d’heure), aurait pu tuer définitivement le match sans un Ortiz une fois encore monstrueux dans ses cages, mais a finalement résisté, malgré le retour des locaux à l’entrée des dix dernières minutes. Si dans le jeu tout n’est pas réglé, sur le strict plan comptable, Colo-Colo reprend la troisième place et se relance dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale. Il lui faudra pour cela d’abord capitaliser à la maison face à Bolívar.

Les résumés

Atlético Tucumán 1 – 0 Peñarol

Junior 1 – 1 Boca Juniors

Delfin 1 – 2 Colo-Colo

Corinthians 1 – 2 Independiente

Vasco da Gama 0 – 4 Cruzeiro

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.