On connait désormais les affiches des demi-finales de la Copa Libertadores 2018 : elles seront le théâtre de deux affrontements entre géants argentins et brésiliens.
Premier à ouvrir le bal de la dernière semaine des quarts de finale, River Plate accueillait un géant du continent Independiente pour le seul match dans lequel tout restait à faire. Le Monumental était aussi bouillant que les vingt-deux acteurs qui proposaient un vrai duel à l’Argentine en première période où l’intensité et l’engagement prenaient le pas sur le jeu. Mais la partie d’échec entre Holan et Gallardo ne faisait que commencer, il allait falloir attendre le second acte pour voir les pions s’avancer même si River menait légèrement aux points bien que le Rojo s’était procuré deux situations, une tête de Benítez captée par Armani au premier poteau et une action polémique, une semelle de Pinola sur Benítez qui aurait mérité une sanction (penalty + carton). Le jeu se déliait donc en seconde période avec un Rojo plus entreprenant qui se procurait une énorme situation par Gigliotti d’entrée de période. Sur le contre, le duo Borré – Scocco frappait, le Colombien offrant à l’Argentin le but du 1-0 qui faisait alors exploser le Monumental. On pensait alors que la malédiction s’était de nouveau abattue sur le Puma d’Independiente, c’était mal connaître sa force de caractère. Celui-ci prenait de vitesse Maidana et permettait à Silvio Romero d’égaliser rapidement, la frappe de l’ancien de Boca étant repoussée dans les pieds du Chino par un Armani peu inspiré. Le match était véritablement lancé, Independiente allait regretter ses occasions gâchées, notamment celle de Romero à 0-1. Car River accélérait et accentuait sa pression, l’entrée de JuanFer Quintero lui offrant une capacité à contrer encore plus létale. L’ancien Rennais libérait le Monumental sur une action individuelle, le mal était fait. River contrôlait le match et le liquidait en toute fin de rencontre lors que Rafael Santos Borré, l’un des hommes du match, déposait Franco et enroulait dans la lucarne d’un Campaña impuissant. 3-1 score final, Marcelo Gallardo jouera sa troisième demi-finale de Libertadores en quatre éditions vécues sur le banc de River.
En demi-finale, River Plate sera opposé au tenant du titre Grêmio. Fort de sa victoire à Tucumán, le Tricolor a tranquillement contrôlé un Decano toujours aussi courageux et parfois dangereux, mais qui était inférieur au champion sortant. Luan a ouvert le score en fin de premier acte, Cicero a doublé la mise sur penalty une fois Lucchetti exclu juste avant de rentrer aux vestiaires, la deuxième période était alors anecdotique et aura permis aux Brésiliens d’ajouter deux buts au compteur pour bien souligner leur supériorité sur ce double affrontement. Autre Brésilien tranquille, Palmeiras. Le Verdão était revenu de Santiago avec un succès 2-0 qui lui laissait entrevoir déjà les demi-finales, la bande à Felipão n’a pas véritablement souffert pour écarter Colo-Colo au retour. Emmené par le duo Willian – Dudú, l’actuel nouveau leader du Brasileirão a totalement contrôlé la rencontre retour à l’Allianz Parque, se montrant bien plus efficace offensivement que le Cacique dont le 3-5-1-1 du premier acte a été un échec, lui permettant d’avoir le ballon mais ne lui offrant aucune possibilité de s’en servir offensive, Palmeiras isolant totalement un Mago Valdivia rendu muet. Un golazo de Dudú, un penalty de Borja, désormais meilleur buteur de l’épreuve avec neuf buts, et l’affaire a été tranquillement pliée, Palmeiras retrouve une demi-finale de Libertadores pour la première fois depuis 2001.
L’adversaire lui offre l’occasion d’envisager une revanche. Champion sortant en 1999, Palmeiras était tombé en finale de l’édition suivante face à Boca avant de chuter de nouveau en demi en 2001, toujours vaincu par Boca, toujours aux tirs au but. 17 ans plus tard, on aura donc droit à l’acte 3 de ce choc de titans. En déplacement à Belo Horizonte, Boca s’attendait à souffrir, le contexte entourant le club depuis la perte du Superclásico à la maison face à River ne prêtant pas à une totale sérénité. Alors Boca a certes souffert, notamment face au duo De Arrascaeta – Neves, mais Boca a su résister. Le premier acte se terminait sur une polémique, le but refusé à Barcos pour un pied en avant jugé dangereux de Dedé sur Rossi qui allait provoquer l’ire du président de la Raposa Wagner Pires de Sá en fin de rencontre. Malgré tout, Cruzeiro allait y croire. À peine entré sur le terrain, Sassá égalisait et libérait un Mineirão déjà bien échaudé, notamment par le penalty non sifflé en faveur de sa Raposa suite à un hors-jeu signalé bien tardivement. Les encouragements prenaient place des « ladrão » qui tombaient des tribunes depuis lors, Cruzeiro allait alors pousser, tout tenter sans jamais ne parvenir à véritablement mettre en grande danger un Boca courageux et solidaire. L’exclusion de Dedé (décidément) en fin de match allait apporter une bonne dose de tranquillité aux Xeneizes qui allaient ensuite voir leur pépite Cristian Pavón dans les arrêts de jeu et ainsi offrir une place en demies aux Argentins.



