Semaine de demi-finales de Libertadores avec au menu un double choc Argentine – Brésil. Pendant que River se cassait les dents sur un Grêmio impressionnant de maîtrise, Boca réussissait à renverser Palmeiras.

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Ç’aurait pu être la finale de l’an passé, ce sera une demi-finale. Seize ans après avoir éliminé River Plate de la Libertadores, Grêmio a de nouveau réussi à renverser le géant argentin dans son Monumental. Pour cela, le Tricolor a montré sa principale qualité, celle qu’il a exposé tout au long de la compétition : sa maîtrise. Marcelo Gallardo avait fait deux choix forts au moment de débuter la rencontre, ceux de préférer Scocco à Pratto pour épauler Borré et celui d’envoyer JuanFer Quintero sur le côté droit à la place de Nacho Fernández. Deux choix que le technicien argentin a dû revoir en seconde période tant les deux titulaires ont été, comme les autres, totalement étouffés par le collectif du Tricolor gaúcho. Parfaitement organisé et bien que privé de ses deux meilleures munitions offensives, Everton et Luan, Grêmio a totalement contenu River qui n’a finalement jamais pu véritablement s’approcher des cages de Marcelo Grohe mise à part sur deux tentatives lointaines signées Exequiel Palacios. Patient, prêt à frapper quand l’occasion se présenterait, le tenant du titre a alors profité d’un corner pour appuyer sur les maux du River de Gallardo – les coups de pied arrêtés – et faire trembler les filets d’un Armani qui n’avait quasiment rien eu à faire. Le mal était fait. Jamais River ne parviendra à trouver ce soupçon de folie, de vitesse qui lui permettrait de déstabiliser un Grêmio impressionnant d’expérience et de gestion. Ne reste désormais plus aux Brésiliens qu’à plier l’affaire la semaine prochaine.

La maîtrise, Palmeiras en avait à offrir. Invincible depuis l’arrivée de Felipão à sa tête, le Verdão rendait visite à l’autre géant de Buenos Aires, Boca Juniors. Les Xeneizes semblaient un peu dans le dur, il débutait pourtant bien la rencontre, Pablo Pérez allumant la première mèche. Mais l’actuel leader du Brasileirão rééquilibrait les choses, le match devenait un combat du milieu marqué par le duel à distance entre Wilmar Barrios et Felipe Melo. Peu de jeu, peu d’occasions, comme l’autre demi-finale, ce deuxième duel Argentine – Brésil était un bras de fer. Boca contraignait Palmeiras à défendre sans pour autant trouver la faille dans la muraille verte qui, comme l’avait fait Grêmio la veille, parvenait à isoler Wanchope de ceux censés lui apporter les ballons, le duo Zárate – Pavón. Comme la veille, on se disait que Palmeiras allait faire à Boca ce que Grêmio avait fait à River, attendre un coup de pied arrêté pour frapper. Si Dudú faisait passer le seul véritable frisson sur une frappe lointaine, le Verdão n’allait pas avoir cette occasion. Mieux pour les Argentins, Guillermo Barros Schelotto allait attendre le dernier quart d’heure pour lancer son arme de destruction massive : Darío Benedetto. El Pipa entrait à la 77e, six minutes plus tard, il coupait un corner de Villa pour délivrer la Bombonera quelques minutes après que Boca avait eu sa meilleure occasion, un magnifique coup franc d’Olaza que Weverton avait été chercher dans la lucarne. Éloigné des terrains par les blessures, muet depuis près d’un an jour pour jour, Benedetto allait reprendre le costume qui lui sied le mieux, celui du héros du peuple jaune et bleu. Cinq minutes après avoir délivré son stade, el Pipa enchaînait une merveille de râteau et de frappe tendue à l’entrée de la surface. La Bombonera pouvait exploser, Boca s’impose 2-0 et n’a jamais été aussi proche de retrouver la finale de sa compétition préférée.

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.