Habitués à se croiser en championnat ou en coupe nationale, Boca Juniors et River Plate se sont évidemment également croisés à de multiples reprises sur le continent, que ce soit en Libertadores ou en Sudamericana. Bilan des confrontations.

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Boca Juniors et River Plate se sont en effet affronté à 246 reprises pour un bilan chiffré de 88 victoires des Xeneizes, 77 matchs nuls et 81 victoires des Millonarios. Si l’on réduit le focus en ne tenant compte uniquement des affrontements continentaux, ceux-ci ne représente finalement qu’à peine plus de onze pourcents des duels ayant opposé Boca et River. Ils se sont produits en grande majorité en Copa Libertadores (24 matchs), deux s’étant produit en quarts de finale de la Supercopa Sudamericana 1994 (qualification de Boca Juniors), compétition alors réservée aux anciens vainqueurs de la Libertadores et qui s’est tenue entre 1988 et 1997, deux autres ayant eu lieu en demi-finale de la Copa Sudamericana 2014 (qualification de River Plate). Ne restent donc que vingt-quatre matchs, vingt-quatre Superclásicos dont seulement six ont été disputés dans le cadre d’un match à élimination directe.

Les Superclásicos de la Libertadores

#

Date

Tour

Hôte

Domicile

Extérieur

Résultat

Buteur(s)

River

Buteur(s)

Boca

1

10/02/1966 24/03/1966

1er tour

J1

River Plate

River Plate

Boca Juniors

2–1

Sarnari (35), Bayo (41)

Rojas (61)

2

J10

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

2–0

 

Rojas (46,49)

3

14/04/1966 04/05/1966

2e tour

J 2

River Plate

River Plate

Boca Juniors

2–2

Sarnari (60), Silvero (e.c. 41)

Madurga (5), Rojas (8)

4

J6

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

1–0

 

Rojas (17)

5

17/02/1970 19/03/1970

1er tour

J1

River Plate

River Plate

Boca Juniors

1–3

Gennoni (27)

Villagra (14), Coch (78, 89)

6

J6

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

2–1

Onega (80)

Larrosa (15), Savoy (40)

7

16/04/1970 30/04/1970

2e tour

J2

River Plate

River Plate

Boca Juniors

1–0

Rodríguez (33)

 

8

J4

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

1–1

Onega (65)

Rojas (81)

9

09/03/1977 18/05/1977

1er tour

J1

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

1–0

 

Mouzo (89)

10

J6

Huracán

River Plate

Boca Juniors

0–0

   

11

19/09/1978 17/10/1978

2e tour

J1

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

0–0

   

12

J4

River Plate

River Plate

Boca Juniors

0–2

 

Mastrángelo (64), Salinas (77)

13

05/08/1982 30/09/1982

1er tour

J2

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

0–0

   

14

J6

River Plate

River Plate

Boca Juniors

1–0

Bulleri (64)

 

15

09/07/1986 20/08/1986

1er tour

J1

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

1–1

Alfaro (45)

Graciani (34)

16

J6

River Plate

River Plate

Boca Juniors

1–0

Alzamendi (61)

 

17

27/02/1991 20/03/1991

1er tour

J1

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

4–3

Borrelli (9, p. 31), Zapata (11)

Latorre (28, 87), Giunta (56), Marchesini (71)

18

J4

River Plate

River Plate

Boca Juniors

0–2

 

Batistuta (23, 87)

19

17/05/2000 24/05/2000

Quart de finale

Aller

River Plate

River Plate

Boca Juniors

2–1

Ángel (15), Saviola (47)

Riquelme (30)

20

Retour

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

3–0

 

Delgado (58), Riquelme (p. 85), Palermo (90 + 4')

21

10/06/2004 17/06/2004

Demi-finale

Aller

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

1–0

 

Schiavi (28)

22

Retour

River Plate

River Plate

Boca Juniors

2 (4)–1 (5)

L. González (51), Nasuti (90)

C. Tévez (89)

23

07/05/2015 14/05/2015

8es de finale

Aller

River Plate

River Plate

Boca Juniors

1-0

C. Sánchez (p. 81)

 

24

Retour

Boca Juniors

Boca Juniors

River Plate

0-3*

   

*Victoire sur tapis vert accordée à River Plate après interruption du match à la mi-temps (0-0)

Ajouté ainsi au match de Supercopa Sudamericana 1994 et de Copa Sudamericana de 2014, il n’y a ainsi eu que trois duels aller-retour entre les deux ennemis en Copa Libertadores. Trois duels qui se sont tous déroulés dans les années 2000.

  1. Quart de finale Copa Libertadores 2000 : Boca écrase River

Pour la première fois de l’histoire, Boca et River se croisent en match éliminatoire de la Copa Libertadores. Chacun a remporté son groupe, le 2 pour Boca qui prend 13 points sur 18 possibles devant Peñarol, Blooming et l’Universidad Católica, le 4 pour River qui sort avec plus difficultés (9 points) devant Atlas, Universidad de Chile et Atlético Nacional, les quatre équipes se tenant en deux points. En huitièmes de finale, alors que River écrase le Cerro Porteño, Boca se fait quelques frayeurs face à El Nacional. Les deux équipes se retrouvent donc au Monumental, River s’impose 2-1, Riquelme ayant répondu aux buts de Juan Pablo Ángel et Javier Saviola. Reste donc un match à disputer à la Bombonera. Les rumeurs annoncent alors le retour de Martín Palermo qui sortait d’une longue absence en raison d’une rupture des croisés. À cela, Américo Gallego, alors à la tête de River, répond par une provocation : « S’ils alignent Palermo, je rappelle Enzo », Enzo pour Francescoli alors à la retraite depuis quatre ans. C’est la provocation de trop. Alors que Gallego opte pour une armada ultra-défensive, River va exploser sous les coups de boutoir d’un Riquelme d’un autre monde. El Último Diez délivre un premier caviar à Marcelo Delgado à l’heure de jeu, transforme un penalty à dix minutes de la fin. River est KO, il boit le calice jusqu’à la lie lors que Palermo, aligné par Carlos Bianchi en deuxième mi-temps, inscrit tranquillement le troisième but du match. Boca écrase River, et file vers les demies puis vers le titre.

  1. Demi-finale Copa Libertadores 2004 : la définition ultime du Superclásico

Jamais Superclásicos n’a été aussi bouillant, jamais il n’a eu une telle importance. Alors que River a remporté celui du Clausura à la Bombonera, deux autres se profilent en demi-finale de la Copa Libertadores. Pour des raisons de sécurité, il est alors décidé que les deux matchs se joueront sans public visiteur. Le match aller se déroule à la Bombonera, il tourne à la bataille rangée déclenchée par un duel entre Cascini et Gallardo, les deux seront exclus. Auparavant, el Flaco Schiavi avait ouvert le score. Le plus dur était fait, le match avait changé une fois la bagarre générale lancée. Garcé sera également exclu, les deux équipes terminent à dix contre neuf, Boca vire en tête à la pause d’une demi-finale tendue. Le 17 juin, la tension n’est pas retombée, le match bascule dans l’épique. River a choisi d’attaquer en nombre, en mouvement pour tenter de bouger le bloc xeneize venu contrer. Après un premier acte totalement maîtrisé par Boca, le second débute à peine que Lucho González, intenable et passé sur le flanc droit après l’entrée de Sambueza, provoque l’exclusion de Vargas. Peu après, Lucho délivre le Monumental, River mène au score et a égalisé sur la série. L’espoir est immense, les Millonarios vont retourner le duel, tant Boca parait alors acculé et sans solution. Astrada sort alors Mascherano et fait entrer Salas pour continuer d’apporter du nombre en attaque. Puis tout s’écroule. Rojas se fait les croisés, tous les changements déjà effectués, River doit finir à dix. Puis à neuf lorsque Sambueza est exclu. Franco Cángele déborde côté gauche et sert Tevez. 1-1, 89e minute, Carlitos imite la poule est exclu à son tour, le Monumental est congelé. Il reprend vie au bout du temps additionnel lorsque Cristian Nasuti marquer pour River. 2-1, pas de règle du but à l’extérieur, l’affaire se règlera aux tirs au but. Personne ne tremble parmi les huit premiers tireurs : Salas, Montenegro, Cavenaghi et Lucho pour River, Schiavi, Pablo Álvarez, Ledesma et Burdisso pour Boca. Arrive Maximiliano López pour River, il bute sur el Pato Abbondazieri. Javier Villarreal ne tremble pas, les 70 000 hinchas de River sont réduits au silence. Le plus grand Superclásico de l’histoire envoie Boca en finale (où il perdra aux tirs au but).

  1. Huitième de finale Copa Libertadores 2015 : l’histoire sans fin

Deuxième épisode de la trilogie de mai opposant River à Boca. Quelques jours après le round d’observation à la Bombonera, un Monumental en fusion accueille l’ennemi de toujours pour la première manche du huitième de finale, la revanche du Superclásico de la Sudamericana de l’année précédente. Ayant décidé de renforcer son milieu en plaçant Ponzio aux côtés de Kranevitter, Marcelo Gallardo réussit son pari. Dominateur sur l’ensemble de la partie, se procurant les situations les plus dangereuses, River aura dû attendre un penalty de fin de match pour prendre l’ascendant sur Boca dans un duel qui est encore bien loin d’être terminé. Comme en Sudamericana, River s’impose 1-0 chez lui, malheureusement le dernier épisode de la trilogie ne se terminera jamais. Alors que River maîtrise totalement la rencontre à la Bombonera, le premier acte étant totalement fermé, les deux équipes rentrent aux vestiaires sur un 0-0, au retour de ceux-ci, les joueurs de River son victime d’une attaque au gaz pimenté. S’ensuivent plusieurs minutes de palabres et hésitations. Mais jamais le match ne reprendra. River sera déclaré vainqueur 3-0 sur tapis vert, il file vers les quarts puis sa troisième Libertadores. Boca débutera la Libertadores suivante par des huis clos (huit matchs réduits ensuite à deux). Adrián Napolitano, dit El Panadero, auteur de l’attaque au gaz pimenté, sera condamné à des travaux d’intérêt général.

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.