Le casting de la phase de groupes 2021 est désormais complet, la dernière semaine de qualification ayant dans l’ensemble vu les favoris confirmer. Et une sensation, qui n’en est finalement plus une, continuer de retourner le continent.
Vainqueur en Argentine à l’aller, Santos était sans aucun doute la formation qui disposait du matelas le plus confortable à l’heure d’aborder la phase retour. Et le Peixe n’a finalement pas véritablement tremblé. Avec encore quelques gamins sur le terrain, citons ainsi Kaiky et Marcos Leonardo, dix-sept ans chacun, la bande à Ariel Holan a tranquillement géré San Lorenzo, s’offrant même une avance de deux buts à l’heure de jeu, dont un signé Marcos Leonardo, déjà son deuxième dans l’épreuve reine, malgré un dispositif tactique avec quelques surprises (Pará à gauche, Felipe Jonatan au milieu). Et malgré l’exclusion de Rojas côté Ciclón, Santos a laissé filer sa victoire, repris en fin de partie par les visiteurs. De quoi laisser sans doute quelques regrets, même si les dégâts sont plus que limités.
De dégâts, il n’y en a pas eu pour les deux Colombiens engagés dans cette bataille. Deux Colombiens qui avaient une mission similaire, remonter un but de retard concédé à l’aller avec, pour Junior, la possibilité de s’appuyer sur un but inscrit à l’extérieur. Avec une sorte de destin croisé lorsqu’il s’agit de résumer la qualification de chacun. Tout a parfaitement débuté pour Junior, qui a pensé se mettre à l’abri avant la fin du premier quart d’heure en ouvrant le score, mais qui a ensuite grandement souffert, Bolívar se créant plusieurs réelles situations de but qui auraient pu changer le cours de l’histoire. Il n’en fut rien et les célestes boliviens ont quitté le Metropolitano avec bien des regrets, accentués par deux buts encaissés dans les derniers instants qui ont donné une large victoire quelque peu en trompe l’œil pour le Tiburón. De son côté, tout a mal commencé pour l’Atlético Nacional qui a pris un but quasiment sur le coup d’envoi et s’est ainsi retrouvé face à une mission délicate, marquer à trois reprises. Mais les hommes d’Alexandre Guimarães ont fait de l’Atanasio une forteresse imprenable, possèdent une capacité assez impressionnante à changer de schéma tactique en cours de partie et surtout savent se montrer efficaces (quatre buts sur les cinq tirs cadrés). Leader du tournoi paraguayen, Libertad n’a ainsi pas pu résister bien longtemps et a finalement explosé en vol, encaissant trois buts en deuxième période.
Reste donc la sensation qui n’en est finalement plus une, l’adversaire de l’Atlético Nacional un soir de succès en Libertadores : Independiente del Valle. Un tout petit but d’avance pour matelas avant d’aller au Mané Garrincha défier un Grêmio, grande puissance continentale. La force de cette incroyable formation équatorienne réside en un élément central : son amour du jeu. Qu’importe les occasions laissées aux adversaires – et grandement gâchées par le Tricolor, à l’image de Diego Souza – Independiente del Valle s’appuie sur sa capacité à combiner, à alterner jeu cours et jeu long, à s’en remettre au talent. Un golazo de Cristian Ortíz juste avant la pause, alors que Grêmio menait au score, un deuxième peu après l’heure de jeu et Independiente del Valle sort le vainqueur 2017, demi-finaliste 2018. Et en filant vers les groupes, met fin à l’incroyable cycle de Renato Gaúcho.



