Deuxième soirée de Libertadores et pendant que Palmeiras entretient son style, Boca Juniors et le Cerro Porteño s’offrent les belles affaires de la nuit.

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Guide de la phase de groupes

Boca et Cerro frappent fort

14 février 1965 – 22 février 1970. Deux dates, celles des deux seules victoires de Boca Juniors à La Paz (la première face à The Strongest, la seconde face à Bolívar). Depuis, le bilan des Xeneizes sur les hauteurs de Bolivie était fortement négatif (quatre défaites et trois nuls). C’est dire si la performance des hommes de Russo pour ouvrir l’édition 2021 n’est pas si anecdotique. Il y a évidemment la victoire, obtenue sur un exploit individuel de son facteur X Sebastián Villa, mais il y a surtout la manière : bloc compact, maîtrise de l’énergie et intelligence tactique. Certes Boca a aussi profité de l’incroyable maladresse, pour ne pas dire impuissance des locaux, mais plus les minutes avançaient et plus les hommes de Russo se rapprochaient du 2-0, signe d’une gestion parfaite de la rencontre. Un succès important, surtout après la défaite de Santos chez lui en ouverture, car il peut mettre les Brésiliens à six points en cas de nouvelle victoire la semaine prochaine dans le choc du groupe.

L’autre perf’ de la soirée est signée Cerro Porteño*. Les Paraguayens ont fait la bonne opération sans forcer et se sont imposés contre une équipe de l'América sans idée et sans buteur au coup d'envoi. Adrián Ramos toujours blessé, c'est le trio Santiago Moreno, Duván Vergara et Luis Sánchez qui était chargé d'apporter le danger. Sans réussite. Malgré une possession largement supérieure, l'América n'a presque pas été dangereux. En face le Ciclón s'est contenté de profiter de la naïveté de son adversaire. Laissé seul à l'entrée de la surface Robert Morales a placé une frappe puissante sous la barre pour ouvrir le score à la demi-heure. Le Cerro aurait même pu faire le break juste avant la pause mais Graterol a réalisé une parade salvatrice et juste après où profitant d'une erreur incroyable de la défense Boselli a raté son face-à-face. L'América s'est bien réveillé dans les dix dernières minutes avec deux occasions coup sur coup mais ni Santiago Moreno qui a fait le mauvais choix, ni Rafael Carrascal, qui a vu sa frappe parfaitement sortie par Jean n'ont pu égaliser. Pire, le Cerro a scellé le sort du match dans le temps additionnel grâce à Ángel Cardozo. Le Ciclón prend donc la tête du groupe et par la même occasion déjà une option sur une des deux places qualificatives. En face l'América n’a gagné qu’un seul de ses seize derniers matchs de Libertadores et doit désormais aller chercher des points au Brésil.

Soirée brésilienne mitigée

Après la première soirée au bilan mitigé, le Brésil a connu un bis repetita. Côté pile, Palmeiras, côté face, l’Atlético Mineiro. Le champion sortant a d’abord contrôlé la rencontre face à Universitario, laissant peu d’espaces et profitant justement de ceux laissés par les Cremas. L’ouverture du score de Danilo offrait plus de contrôle à un Verdão qui jouaient selon les mêmes principes que ceux exposés l’an passé : bloc compact, utilisation de Luiz Adriano comme pivot et importance des couloirs dans la genèse des offensives. Tout semblait sous contrôle donc, d’autant que Raphael Veiga donnait deux buts d’avance d’entrée de second acte. Mais ça n’a pas duré. Alan Empereur était exclu peu après l’heure de jeu, Universitario trouvait là un moyen de réagir. Enzo Gutiérrez s’est offert un doublé en trois minutes qui a totalement retourné le match et Palmeiras s’est mis à souffrir. Abel Ferreira a changé ses plans, sortant Luiz Adriano pour faire entrer un défenseur supplémentaire, Renan, ne se contentant qu’à jouer quelques contres. Chose folle, ça a fonctionné, Renan marquant dans les arrêts de jeu le but d’une victoire obtenue à la Palmeiras, à l’arraché.

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De son côté, l’ambitieux Galo a surtout déçu. En grand manque d’idée en première période, se contentant de tentatives lointaines et de centres surtout venus de la droite, l’Atlético Mineiro s’est retrouvé à devoir courir après le score faute à une défense qui peine à relancer et surtout à une montée/percée assez folle d’Adrián Martínez. Certes le Galo a totalement dominé le second acte, égalisant finalement assez logiquement, mais le contenu global proposé s’est montré bien en deçà des espérances et surtout bien faible pour une équipe qui ambitionne un grand parcours dans cette épreuve.

Pendant ce temps

Les trois autres chocs de la soirée se sont tous terminés sur un partage des points. À La Calera, la LDU a souvent souffert face à des Cementeros toujours aussi intéressants offensivement, mais toujours aussi fragiles défensivement. Billy Arce en a profité à merveille, offrant un précieux nul à une LDU peu habituée aux grandes performances en déplacement sur le continent (deux victoires sur les vingt derniers déplacements). Même résultat nul dans le match de la hype entre Independiente del Valle et Defensa y Justicia. La bande à Becaccece montre qu’elle apprend vite, laissant le ballon à des Negriazules qui l’aiment tant mais n’ont que rarement trouvé l’occasion de trouver de la profondeur, el Halcón s’évertuant à fermer tout espace et jouant sur les contres que le jeu très offensif des locaux offre. Même si Defensa a quelque peu souffert en deuxième période, le nul ramené de Quito pourrait s’avérer essentiel dans la conquête de la deuxième place. Une conquête qui démarre mal pour Racing. Si Juan Antonio Pizzi a affirmé que son équipe manque de chance, elle manque surtout d’idée. Opposé à un Rentistas annoncé victime expiatoire du groupe, Racing a certes cherché à jouer sur la supériorité en attaque, mais s’est surtout heurté à deux lignes de quatre qu’il n’a jamais véritablement su casser, que ce soit par une passe, par du mouvement, par de la création. En d’autres termes, ce Racing manque de verticalité. Et comme il est souvent débordé sur les transitions défensives, il s’est retrouvé mené au score les choses ont semblé empirer, encore plus après l’exclusion de Sigali. Mais Racing aime la souffrance et l’égalisation sur le fil de Cáceres est finalement venue offrir un point aussi miraculeux qu’important.

Résultats et vidéos

The Strongest 0 – 1 Boca Juniors

Deportivo La Guaira 1 – 1 Atlético Mineiro

Universitario 2 – 3 Palmeiras

Independiente Valle 1 – 1 Defensa y Justicia

Rentistas 1 – 1 Racing

Unión La Calera 2 – 2 LDU Quito

América de Cali 0 – 2 Cerro Porteño

 

* par Pierre Gerbeaud

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.