Dominateur durant toute la rencontre, River Plate laisse filer une victoire qui lui tendait les bras. Pendant ce temps, l’Atlético Nacional fait parler son efficacité pour se défaire de la Católica, Santa Fe et Junior sont restés bons amis.
Guide de la phase de groupes
Pendant un peu plus d’une heure, il n’y a eu qu’une équipe sur le terrain du Maracanã. Contrôlant la possession, avec un duo Enzo Pérez – Agustín Palavecino dictant à merveille le tempo, le River Plate de Marcelo Gallardo maîtrisait totalement un Fluminense qui s’en remettait alors à quelques percées de ses diamants, Kayky et surtout Luiz Henrique, mais ne parvenait à exister. Alors que Montiel avait ouvert le score sur penalty, on ne voyait pas comment Fluminense allait pouvoir sauver quoi que ce soit, contraint qu’il était à envoyer de longs ballons, incapable de pouvoir enchaîner quelques passes face au pressing adverse. Malgré cette impression de domination totale, River ne parvenait pas véritablement à se créer des opportunités claires, la plus belle balle de break restant pour Borré, et deux événements allaient faire basculer la partie : l’entrée en jeu d’un ancien de la maison, Juan Cazares et la sortie de l’un des deux hémisphères cérébraux du monstre créé par Gallardo, Palavecino. Le premier a offert une supériorité au milieu et une capacité à trouver des ouvertures dans la profondeur à un Fluminense qui courait alors après le ballon. La sortie du second a marqué la fin du contrôle du match pour les visiteurs. Alors, sur un ballon bêtement perdu, River a cédé sur un long une-deux entre Fred et Cazares conclu par l’ancien lyonnais et même si Gallardo a cherché ensuite à mettre du nombre en attaque, le Millo s’est fait quelques frayeurs avant finalement de devoir se résigner à se contenter d’un nul.
Dans le duel 100% colombien de la nuit, la bonne opération est pour Santa Fe. Les deux outsiders colombiens espéraient profiter du nul entre Fluminense et River pour prendre les commandes de ce groupe. Raté même si côté Santa Fe, il y aura certainement un peu moins de déception. Très difficile à bouger, une habitude du club cardinal, le vainqueur de la Sudamericana 2015 n'a pas baissé la tête après l'ouverture du score de Freddy Hinestroza à la demi-heure, but marqué sur la première véritable occasion de Junior. C'est presque dans la foulée, sur une faute largement évitable de Ditta dans la surface que Santa Fe est revenu avec le pénalty transformé par Kelvin Osorio. Pour le reste on s'est ennuyé ferme. Junior sans véritable idée, comme pendant tout ce semestre, a mis la pression pendant dix minutes au retour des vestiaires avant de s'éteindre complètement, même avec un joueur de plus pendant le dernier quart d'heure suite à l'expulsion de Carlos Arboleda. Santa Fe s'est contenté de défendre, d'empêcher son adversaire de construire, et d'essayer de profiter de quelques contres. Mais le club de Bogotá manque cruellement d'un numéro neuf capable de convertir un contre anodin en but, ou au moins en occasion dangereuse. Rangel est parti aussi vite qu'il est arrivé et Ramos n'a clairement pas le niveau pour une compétition continentale. Au final ce point est une meilleure opération pour Santa Fe qui recevra Fluminense à Bogotá la semaine prochaine avec un coup à jouer contre une équipe brésilienne qui aura des difficultés en altitude. Junior de son côté va certainement souffrir contre River et Gallardo en Argentine la semaine prochaine. Une chose est certaine, les deux colombiens ont montré trop peu de choses ce soir pour espérer autre chose que la troisième place.
Si le choc national a déçu, la Colombie peut tout de même compter sur sa locomotive, sa meilleure chance de beau parcours en Libertadores : l’Atlético Nacional. Face à la Católica, les hommes d’Alexandre Guimarães ont montré leur football et exposé leurs qualités : solidité défensive, capacité à construire patiemment et a frapper sur une accélération. Si la Católica n’est passé à un rien d’ouvrir le score par Zampedri, il n’a fallu que quelques minutes aux locaux pour tuer le match. D’abord sur un ballon envoyé sur corner vers Jefferson Duque dont le centre est tombé dans les pieds d’Andrés Andrada, ensuite sur un amour de passe en profondeur de Baldomero Perlaza pour Duque que l’attaquant a transformé en but du break, concluant ainsi une incroyable phase de trente-trois passes ! 2-0 à la pause, les Verdolagas se sont ensuite appliqué à d’abord résister à toute tentative de retour des Cruzados puis est monté une fois encore d’un cran, s’installant dans le camp adverse et cherchant à frapper notamment par les couloirs. Sans réponse, la Católica de Poyet a terminé la rencontre à dix et a rapidement dû se résigner face à un adversaire bien trop solide pour elle.



