Dernière session de Libertadores marquée par la déroute globale des Colombiens, incapables pour la plupart de marquer. Pendant ce temps, la belle histoire d’Always Ready se poursuit.

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La dernière soirée de la semaine débutait à l’Hernando Siles de La Paz où Always Ready accueillait le Deportivo Táchira. Des Boliviens qui ont d’abord pris en main la rencontre mais souffert d’un manque de profondeur dans leur jeu quand Táchira s’attelait à bien fermer les espaces. Conséquence, les premières situations pour Always Ready se résumaient à des tentatives lointaines qui n’inquiétaient pas outre mesure Christopher Varela. Il fallait s’approcher pour marquer et les « locaux » allaient le faire sur un débordement de Javier Sanguinetti conclu par Marcos Ovejero, totalement oublié par la défense adverse. Ce but libérait Always Ready qui dominait alors plus sérieusement et faisait de Varela l’homme clé des visiteurs qui passaient près d’égaliser en toute fin de premier acte en contre. Une stratégie de contre qui permettait à Táchira de se créer plusieurs situations de générer du danger en seconde période alors qu’Always Ready, détenteur du ballon, manquait de créativité pour véritablement surprendre son adversaire. Les minutes filaient et la libération allait finalement intervenir sur un penalty de fin de match transformé par Mosquera et qui permet à Always Ready de poursuivre le sans-faute à la maison et de prendre la deuxième place du groupe.

Si la joie est grande pour les Boliviens, plus au nord, c’est la soupe à la grimace. Quatre clubs colombiens étaient en piste pour cette dernière soirée de la semaine, aucun n’a gagné, un seul a fait trembler les filets.

Première déroute, celle de l’Atlético Nacional « chez lui » face à Argentinos Juniors. Les rencontres des clubs cafeteros ayant toutes été déplacées au Paraguay, certains avantages se sont envolés pour eux. Et l’Atlético Nacional en aurait bien eu besoin tant le Bicho a maîtrisé. Les hommes du Mariscal Milito sont les rois du pragmatisme. Qu’importe que l’adversaire cherche à presser, à avoir le contrôle de la possession, Argentinos possède un élément clé que son rival n’a pas : une gestion parfaite des temps forts et faibles. Sans ballon, Argentinos ferme les espaces, coupe les circuits de passe, verrouille la moindre opportunité. Balle au pied, le Bicho utilise ses joueurs de couloir, Jonathan Sandoval et Elías Gómez, s’appuie sur un Gabriel Florentín en mode gestionnaire de la pausa et compte sur la redoutable efficacité de Gabriel Ávalos, qui s’est ainsi offert un doublé. Impuissant, l’Atlético Nacional n’a donc pu que constater les dégâts et se retrouve désormais à cinq points d’un Argentinos, seul club argentin à faire le trois sur trois.

Pas de buts non plus pour Independiente Santa Fe face à River. Les Cardenales ont tout de même réussi à sauver un point, en grande partie grâce à des Millonarios qui éprouvent toujours autant de mal à se montrer efficaces offensivement et qui ont encore trouvé les montants. Marcelo Gallardo a opté pour un 4-2-3-1, Girotti seul en pointe soutenu par le trio Rollheiser-Carrascal-Paradela, mais a montré les mêmes carences que ces dernières semaines : manque de fluidité et de justesse technique. Certes River a dominé Santa Fe, s’est procuré plusieurs situations donc, butant aussi sur un excellent Castellanos, mais faute de marquer, s’est exposé aux contres inéluctables de cardenales passés à un Armani près de voler le match. Rien de grave cependant pour River, co-leader de son groupe avec Fluminense, mais un danger qui n’est pas encore totalement écarté.

D’autant que l’autre Colombien du groupe a montré plus entreprenant face à Fluminense. Le Tiburón a été aidé par le penalty accordé d’entrée de partie, et transformé par Miguel Borja, et a cherché à imposer son football et s’est procuré quelques situations. Malheureusement pour Junior, ne pas transformer ses occasions sur les temps forts a un prix, Kayky et ses dix-sept ans sont venus le rappeler en milieu de premier acte, le résultat final 1-1, venant frustrer davantage des Colombiens qui auraient sans doute mérité mieux, mais peuvent finalement se dire qu’ils ont été les seuls cafeteros à faire trembler les filets.

Dernière chance pour la Colombie, le déplacement de l’América au Venezuela pour y affronter La Guaira en clôture de la semaine avec l'espoir d'enfin accrocher une victoire dans ce groupe et recoller, ou dépasser, le Cerro Porteño, deuxième du groupe. L'América retrouvait enfin son capitaine Adrián Ramos. Absent depuis plusieurs semaines, il a été titularisé par Jersson González. Partis très forts, avec notamment une énorme occasion et une parade salvatrice de Graterol, les Vénézuéliens n'auront pas réussi le même coup que contre l'Atlético Mineiro où ils avaient ouvert le score rapidement. Si leur domination a été totale sur la première moitié du premier acte ils ont progressivement reculé pour finalement subir. En mode diesel, le club escarlata est passé près de l'ouverture du score juste avant la pause mais la tête de Ramos a été parfaitement sortie par Olses. Moins précis ni Ramos ni Cabrera n'ont pu trouver le cadre, mais celui qui aura le plus de regrets c'est bel et bien Santiago Moreno. Le jeune joueur formé au club a manqué un face-à-face juste avant l'heure de jeu avec sa frappe qui a trouvé le poteau. Si le quadruple finaliste a fait le siège de la surface vénézuélienne, le portier international espoir vénézuélien a passé une soirée au final assez tranquille. Ce score nul et vierge ne fait donc les affaires de personne. Surtout pas de l'América qui a vu Adrián Ramos une nouvelle fois sortir sur blessure à dix minutes de la fin.

Résultats et vidéos

Always Ready 2 – 0 Deportivo Táchira

Atlético Nacional 0 – 2 Argentinos Juniors

Independiente Santa Fe 0 – 0 River Plate

Junior 1 – 1 Fluminense

Deportivo La Guaira 0 – 0 América de Cali

 

Nicolas Cougot avec Pierre Gerbeaud

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.