Début de la phase retour de la Libertadores, et quand le champion se qualifie, certains favoris et autres outsiders cherchent à se replacer.
C’était sans aucun doute l’affiche de la soirée. Au Vila Belmiro, Santos accueillait Boca Juniors pour la revanche de la dernière demi-finale de l’épreuve. Au-delà de cet aspect revanche, le choc entre les deux favoris du groupe s’annonçait bouillant puisque ni l’un, ni l’autre n’était aux commandes. Pire pour le Peixe, une nouvelle défaite le condamnait presque. Le début de match était ouvert, avec tout de même un Boca qui se montrait plus entreprenant et même globalement dominateur sur la première demi-heure. Le temps pour Carlos Tevez de rater un but tout fait après un service parfait de Pavón. L’affaire a donc duré une demi-heure environ. Car Boca s’est ensuite délité. Le trident du milieu ne parvenant pas à contrôler cette zone, ni à générer des transition, Santos a rééquilibré les débats et surtout n’a pas manqué la chance de convertir sa prise des commandes en but, Felipe Jonathan offrant un incroyable numéro de soliste dans une défense bien passive. Le match aurait pu être plié d’entrée de second acte quand Izquierdoz intervenait de la main dans sa surface. Fort heureusement pour Boca, l’arbitre de la rencontre était occupé à regarder ailleurs et l’absence de VAR permettait au score de ne pas évoluer. Santos allait ensuite parfaitement gérer un Boca sans idées, si ce n’est s’en remettre aux tentatives de soliste de Pavón, avec un milieu peu présent dans le jeu et un Tevez qui forçait ses frappes. Conséquence, la bande à Russo tombe à la troisième place au général et va devoir gagner ses deux derniers matchs pour décrocher la qualification alors qu’elle doit d’abord jouer son tournoi argentin lors d’un superclásico qui pourrait avoir de lourdes conséquences.
La mauvaise opération est double pour les Xeneizes puisque dans le même temps, Barcelona est tombé en Bolivie. Après un début de match plutôt engagé, ce qui conduira d’ailleurs Gustavo Florentín à sortir prématurément Wayar qui frôlait l’exclusion, ce sont les Tigres du Strongest qui viraient en tête à la pause grâce à Jair Reinoso. Ce but récompensait des Boliviens plus entreprenants et qui allaient s’appuyer sur un excellent Vaca dans les buts et une redoutable efficacité en contre pour plier l’affaire peu après l’heure de jeu en plein temps fort des Toreros équatoriens. Ce succès offre au Strongest ses premiers points dans l’épreuve et relance le groupe.
Relance, c’est aussi le mot clé pour Táchira qui a retrouvé le goût de la victoire en s’offrant le grand favori du groupe, Internacional. Les Colorados ont pourtant parfaitement débuté leur match au Pueblo Nuevo de San Cristóbal, monopolisant le ballon (près de 64% de possession) et se créant plusieurs situations claires. L’ouverture du score de Thiago Galhardo en début de second acte aurait dû tuer le suspense, il n’en fut rien. Car l’Inter s’est relâché en même temps que Táchira est monté crescendo dans la rencontre, commençant à presser plus haut et générant du danger. Marcelo Lomba sauvait les siens à trois reprises avant de finalement céder à deux reprises dans le dernier quart d’heure. Conséquence, Táchira revient à hauteur des Brésiliens et l’on pourrait se retrouver avec quatre équipes à six points en cas de succès d’Olimpia face à Always Ready.
La quatrième journée a tout de même déjà délivré quelques verdicts. En déplacement à Quito, Palmeiras a encore fait du Palmeiras. C’est parfois irritant, surtout pour les supporters adverses, mais cette incroyable efficacité fait du Verdão une redoutable machine. Face à Independiente del Valle, les hommes d’Abel Ferreira n’ont pas eu le ballon (28% de possession !), n’ont pas eu les occasions (cinq tirs contre vingt-et-un), mais ont eu ce qui compte : les trois points. Le champion sortant est donc déjà qualifié pour les huitièmes et même quasiment assuré de terminer à la première place de son groupe. Autre verdict, l’élimination du Sporting Cristal. Face à Racing, les Celestes péruviens ont goûté à cette incroyable imprévisibilité de La Academia argentine. Une équipe capable de sombrer face à River avant de lui résister, d’être aux portes de l’élimination du tournoi local avant de décrocher la qualification, être à un rien de licencier son coach avant de désormais le bénir au terme d’une semaine parfaite. À Lima, Juan Antonio Pizzi a choisi de faire tourner, de jouer le nul le plus longtemps possible pour mieux frapper en fin de match. Chancalay à l’entrée du dernier quart d’heure, Piatti de loin à peine deux minutes plus tard ont eu raison des espoirs de Cristal qui n’avait cessé de buter sur Gabriel Arias jusqu’ici. Racing se retrouve désormais à un rien des huitièmes de finale quand une victoire de São Paulo face à Rentistas éliminera définitivement le Sporting Cristal.
L’élimination est tout aussi proche pour La Calera. Des Cementeros qui peuvent finalement nourrir quelques regrets au terme de leur choc face au champion 2019, Flamengo. Car tout a débuté comme dans un rêve pour La Calera qui a profité des largesses défensives de l’axe flamenguista et a rapidement mené 2-0 (Ariel Martínez et William Arão contre son camp). Malheureusement pour les pensionnaires du Nicolás Chahuán, ce retard de deux buts a réveillé Flamengo qui a rapidement réduit l’écart par Gabi, devenu pour l’occasion meilleur buteur de l’histoire du club en Libertadores et relancé les siens qui ont dominé le second acte malgré les menaces posées notamment par Jeisson Vargas. Une domination qui allait finir par offrir le point du nul à Flamengo, William Arão marquant cette fois du bon côté et qui place La Calera aux portes de l’élimination.



