Avant la reprise du championnat, le secrétariat national des sports a voulu faire passer un message de tolérance en diffusant un court-métrage sur un homme, supporter de Cerro, devenu supporter de Rampla Juniors suite au décès de son fils. Une histoire terrible et magnifique.

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C'est une histoire terrible, triste. L'histoire d'un quartier, comme l'indique le début du documentaire, celui du Cerro. De deux clubs historiques du championnat, qui s'y affrontent depuis Mathusalem, le CA Cerro et Rampla Juniors. Le quartier n'est pas divisé, comme l'indique le documentaire, il n'y a qu'un seul Cerro, mais une fois par an, les voisins, les couples, les collègues, s'affrontent lors du clásico entre les deux clubs, le clásico de la Villa.

C'est l'histoire d'un homme, Justo, qui se souvient d'une finale de 1960, qui se souvient qu'il avait fait de son fils de trois jours un socio du même club que lui, le CA Cerro. Mais à l'adolescence, un ami emmène Nico, le fils de Justo, voir un match de Rampla Juniors, et Nico devient supporter fou du club picapiedra, de Rampla. Il est de tous les matchs, de première, de deuxième division, des hauts et des bas, des victoires et des désillusions. Malgré l'amour de son père pour l'autre club, qui ne peut aller avec son fils au stade. Un jour de 2016, revenant d'un match de deuxième division face à Atenas de San Carlos, Nico perd la vie dans un accident de la route. Ses cendres sont éparpillées dans la tribune du stade Olímpico, supporter de Rampla jusqu'à la mort.

Au début, le père veut brûler le drapeau de Rampla de son fils, mais il renonce. Ce n'est pas la faute de Rampla Juniors. Pour rester connecté avec son fils, il fait même l'inverse. Dès le match suivant, il va au stade Olympique et parle aux joueurs. Ces derniers voulaient l'aider, il leur demande juste de gagner, pour son fils. C'est ce que l'équipe fait, permettant à Rampla de remonter en première division. Depuis, le vieux supporter de Cerro ne va plus au Tróccoli mais supporte Rampla. Il embrasse avant chaque match à domicile l'endroit où son fils repose, il accroche la banderole disant que son fils est présent, là, avec lui. Son sang est de Cerro, mais, désormais, son cœur est de Rampla. Au nom de son fils, et du football.

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Jérôme Lecigne
Jérôme Lecigne
Spécialiste du football uruguayen, Suisse de l'Amérique du Sud, Patrie des poètes Jules Supervielle, Juan Carlos Onetti et Alvaro Recoba