En décrochant sa deuxième Copa Sudamericana après celle de 2019, Independiente del Valle est entré dans l’histoire du football équatorien.

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En 2019, il y avait eu l’orage venu du ciel puis celui d’un premier acte totalement maîtrisé. Trois ans plus tard, pour son retour en finale d’une Copa Sudamericana, Independiente del Valle a eu droit au soleil du Kempes mais n’a pas changé sa manière d’être : prendre son destin en main est le meilleur moyen de décrocher ses rêves.

Alors, comme en 2019, et même si l’adversaire du soir, São Paulo apparaissait comme supérieur et bien plus expérimenté à ce niveau que ne l’était Colón, les Negriazules de Martín Anselmi faisaient rapidement honneur à leur statut de tueur de géant en prenant le contrôle de la partie, dominant le milieu et surtout choisissant une stratégie assez simple pour prendre le Tricolor pauliste à revers : frapper au cœur du jeu. La première alerte, que l’on décrit généralement comme un avertissement voyait Lautaro Díaz, incertain jusqu’au dernier moment, parfaitement servi à l’entrée de la surface, y pénétrer et frapper au premier poteau, requérant l’intervention de Felipe Alves. Moins de dix minutes plus tard, le copier-coller parfait. Farevelli lançait Lautaro Díaz de la même manière, l’Argentin entrait de nouveau dans la surface par la droite, mais cette fois, il croisait sa frappe et ouvrait le score. Les Équatoriens contrôlaient le match, n’étaient jamais en danger et en généraient. Junior Sornoza récupérait un ballon à mi-distance et voyait sa frappe sortie de justesse par Felipe Alves sur son poteau. C’était le dernier frisson d’un premier acte parfaitement maîtrisé par le champion 2019.

Sacré dix ans plus tôt dans des conditions qui font encore polémique, São Paulo se devait de réagir. Il le faisait en début de second acte emmené par l’activité de Patrick mais surtout les ratés de Calleri. L’ancien de Boca gâchait plusieurs situations, Rodrigo Néstor trouvait également l’excellent Moises Ramírez sur sa route, en dix minutes, le Tricolor avait plus généré que durant l’ensemble du premier acte. Malheureusement pour les hommes de Rogerio Ceni, ces dix minutes n’étaient qu’un intermède. Rapidement, Independiente del Valle reprenait le contrôle du jeu, montait de nouveau ses lignes et frappait de nouveau lorsque Lautaro Díaz était lancé par Sornoza et remisait en une touche vers un Lorenzo Farevelli, seul être en mouvement dans les derniers mètres et qui n’avait plus qu’à ajuster Felipe Alves. 2-0 à une grosse vingtaine de minutes de la fin, le match était plié. L’impuissance de São Paulo se muait en frustration puis colère : Calleri et Diego Costa voyaient rouge, Independiente del Valle pouvait continuer sa leçon tactique et gérer la fin de match pour s’offrir un deuxième titre continental en trois ans. Les Negriazules rejoignent ainsi Boca Juniors, Independiente et l’Athletico Paranaense au rang des doublement titrés en Sudamericana et décrochent un succès qui entérine définitivement leur statut de géant et confirme que les clubs équatoriens sont bel et bien la troisième puissance du continent.

Photo : Hernan Cortez/Getty Images