Alors que Boca et River montent en puissance, le haut du tableau est pour l’instant occupé par des équipes que l’on n’attendait pas à pareille fête. À commencer par Newell’s.

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Leader invaincu, Estudiantes se rendait au Libertadores de América pour défier un Independiente sur courant alternatif. Ce déplacement à Avellaneda pouvait permettre aux Pinchas de conforter leur première place. Il n’en fut rien. Au prix d’un vrai combat, une lutte pour sa survie, une recherche d’oxygène, Independiente a fait mieux que résister, il s’est imposé. Les hommes d’Eduardo Domínguez ont souffert en première période face à un Estudiantes plus tranchant offensivement et s’en sont remis en un Sebastián Sosa parfait dans ses buts pour répondre aux attaques des Orosco et autre Castro. Avec son milieu à trois, le Rojo a su répondre au combat et a finalement piégé Estudiantes a son propre jeu, celui de l’efficacité. Benegas au retour des vestiaires, Leandro Fernández sur le fil et le Rojo peut donc souffler sa deuxième victoire du tournoi et se replacer à hauteur d’Estudiantes.

La chute du leader a donc naturellement profité à bien des poursuivants. À commencer par celui qui lui prend son fauteuil : Newell’s. Alors que Rosario célébrait le Día de la Bandera, Newell’s a célébré celui de la résistance. En appliquant la méthode Sanguinetti à merveille. Oubliez le Newell’s joueur des années quatre-vingts / quatre-vingt-dix, le 5-4-1 mis en place fonctionne à merveille. Face à Argentinos, la Lepra n’a pas eu le ballon (28% de possession), mais a su défendre son ouverture du score précoce jusqu’au bout. Quatre matchs, un seul but concédé (un penalty plus que sévère dans les arrêts de jeu face à Banfield) et une place de leader, la nouvelle Lepra fonctionne à merveille, son choc du week-end prochain face à Estudiantes s’annonce particulièrement électrique.

Dans les pas de Newell’s, le Gimnasia a aussi profité du faux-pas du grand rival platense pour s’installer dans le top 3 en s’offrant la Gagoneta, notamment grâce à un doublé de Braian Alemán, alors que Platense a manqué l’occasion de venir s’assoir avec la Lepra en restant muet face à Aldosivi. Derrière, San Lorenzo fait mieux que maintenir son invincibilité en parvenant désormais à s’imposer, face à Central Córdoba et lance la révolte des géants. Celle-ci a été largement sonnée par River. La bande au Muñeco avait été critiquée pour son incapacité à marquer, sa grande difficulté à se montrer dangereux face à des blocs bas, la réponse face à Unión a été terrible. Marcelo Gallardo a décidé de changer son système offensif, collant Braian Romero aux côtés de Julián Álvarez, la machine a mis quelques minutes à se mettre en place, le Tatengue auraient même pu en profiter, mais une fois lancée, elle n’a laissé aucune chance aux hommes de Munúa. Doublé de buts et de passe décisive pour Juli, des filets qui tremblent devant Romero, Enzo Fernández et Agustín Palavecino : River s’impose 5-1 et signe son retour au meilleur des moments, à dix jours de la Libertadores.

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En inside

Par Vincent Dupont

Arsenal - Talleres

Arsenal recevait Talleres à Sarandi. Le début de match est notamment marqué par l’apparition spontanée d’un énorme trou dans la surface de réparation del Arse. Des employés du club local sont entrés sur le terrain avec un seau de sable pour remplir le trou. Et à l’aide d’un râteau, ils ont nivelé le terrain du mieux qu’ils ont pu, même si la zone est restée assez meuble. Encore un épisode qui rentrera dans la légende du « Producto ». Si je ne vous parle pas de football, c’est qu’il y a une raison toute simple : la production des deux équipes est au bas mot indigeste. D’un côté un Talleres cataclysmique depuis le début de saison 2022 (avant-dernier de la table générale avec quinze points en dix-huit matchs après cette confrontation, à noter tout de même le bon parcours en Libertadores). De l’autre el Arse sur courant alternatif et qui a besoin de points pour assurer le maintien aux promedios. Alors qu’on se dirige tranquillement vers un match nul à la mi-temps au nom parfaitement représentatif, l’arbitre siffle une main de Malatini dans la surface que Lomónaco se charge de convertir (45 +3). En début de seconde période, la T égalise à la suite d’une erreur défensive de Goñi qui permet à Michael Santos d’ajuster sur le poteau. Le ballon rebondit ensuite bien malgré lui sur le défenseur bleu et rouge, 1-1. Arsenal tente bien que mal d’obtenir les trois points, les quelques occasions sont stoppées par Guido Herrera, gardien de Talleres. Match nul qui n’arrange personne, Arsenal n’a toujours pas gagné un match de championnat et Talleres n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. En conférence de presse, l’entraîneur portugais du club cordobés est revenu sur son mécontentement quant à la performance de l’équipe : « Aujourd’hui, c’est le match où j’ai été le plus en colère sur le banc. Certains joueurs ne s’investissaient pas assez. Ce sont des choses dont nous parlerons en face à face plus tard cette semaine ». Ambiance.

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Barracas Central - Boca

Sur le terrain de All Boys à Floresta, Barracas Central recevait Boca. À un peu plus d’une semaine du bouillant huitième de finale de Copa Libertadores contre le Corinthians, Battaglia a décidé d’aligner son équipe type. Pourtant, sur un terrain compliqué (tantôt par les dimensions de ce dernier, très petit que par son état), le club de la Ribera se montre rapidement mal à l’aise. La tension est présente, Benedetto et Rojo prennent chacun un jaune dans les dix premières minutes. Les Xeneizes tentent bien que mal d’essayer de construire depuis l’arrière, mais le ballon finit bien souvent à destination des fusées Zeballos ou Villa. Finalement, à la 41e minute, Sebastián Villa ouvre le score avec un inattendu missile depuis l'extérieur de la surface qui atterrit dans la lucarne opposée. La joie est de courte durée pour les Bleu et Or, puisqu’à la 46e minute, Neri Bandiera égalise pour Barracas sur corner, en reprenant de la tête un centre d'Iván Tapia. Nouvelle erreur défensive des hommes de Battaglia sur phase arrêtée. Une constante. La deuxième mi-temps a commencé fort et Marcos Rojo oblige Saracho à dévier le ballon en corner après six minutes. Cette action allait donner le ton de la seconde période, Boca étant déterminé à aller de l'avant et à pousser el Guapo à se retrancher devant sa cage. Dès la 13e, Frank Fabra, auteur d'un excellent match, sert parfaitement Pol Fernández, qui n’a juste qu’à pousser le ballon dans but. 2-1. Pour ne rien arranger côté Barracas, Dylan Glaby est expulsé pour un double jaune une minute après. Pol a une occasion de faire le break, sans succès. Une autre bonne combinaison de l’infernal duo colombien Fabra et Villa se termine par une passe décisive au Changuito Zeballos, qui dribble subtilement Saracho avant de marquer le 3-1 après soixante-huit minutes. Après le troisième but de Boca, la barra de Barracas Central allume quelques fumigènes dans la popular et en jette quelques-uns sur terrain. L'un d'entre eux a presque touché Luis Vázquez alors qu'il entrait sur le terrain. Après quelques minutes d’arrêt de jeu, Boca aurait pu creuser l'écart, mais Villa manque deux occasions nettes. On en restera là.

Les buts

Classement

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