Sept journées ont été disputées en Argentine et après la chute des deux géants en Libertadores, les semaines de transition devraient rapidement laisser place à celles de la véritable lutte pour les accessits et le titre. Reste à savoir si la résistance tiendra.

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Trois défaites en cinq matchs. Que l’on soit de Boca ou de Rivger, le bilan est le même, l’inquiétude aussi.

Du côté des Xeneizes, les deux précédentes, calées à quelques jours de jouer le Corinthians et avec deux onze totalement alternatifs n’incitaient pas à tirer de grandes conclusions. Sauf qu’entre temps, Sebastián Battaglia a été invité à faire ses valises, le conseil du football du club a nommé Hugo Ibarra à la tête de l’équipe première, lui qui, comme Battaglia, s’occupait jusqu’ici de la réserve. Un Ibarra qui faisait ses débuts face à San Lorenzo dans un contexte toujours aussi propice au travail : le capitaine Izquierdoz écarté avec plusieurs autres cadres (Rojo, Fabra, Benedetto) qui affrontent ouvertement le conseil du football et ses décisions, les multiples rumeurs de nouvel entraîneur (aucune ne s’est donc concrétisée). Conséquence, dans un clásico que San Lorenzo n’avait plus gagné depuis huit ans à la maison, Boca est tombé. La faute à un groupe qui semblait ailleurs, peu concerné, et surtout à un San Lorenzo qui a patiemment construit sa victoire n’a pas tremblé à l’ouverture du score de Rojo, dominant jusqu’ici la rencontre, faisant de Rossi l’homme du match. Boca a souffert dans toutes les lignes, n’a pas réussi à bloquer les couloirs, n’a pas trouvé la formule (oscillant entre le 4-3-3 et le 4-2-4) et a finalement concédé une courte défaite qui aurait pu être plus large (sans le penalty manqué par Bareiro).

Côté River, le doute s’est immiscé. Après deux matchs sans but face à Vélez en Libertadores – et une polémique qui n’a fait qu’animer les jours suivant l’élimination – avec un mercato des plus compliqués par la crise économique et les faux bonds de dernière minute, la bande à Gallardo affronte un autre souci majeur : il ne trouve pas sa formule. Sans ses deux joyaux, tous deux partis en Europe, River doit se réinventer dans le jeu, trouver son système, sa fluidité. Le trio Paradela – Aliendro – De la Cruz n’a pas fonctionné, pas plus que le duo d’attaque Romero – Beltrán. Pire, derrière, River s’expose toujours autant. Ces manquements ont encore été illustrés par un Godoy Cruz parfait dans l’efficacité, qui a frappé à deux reprises en trois minutes. Et qui s’est donc finalement justement imposé. River a animé les dernières heures du mercato, Gallardo devra faire sans son capitaine Enzo Pérez pour environ un mois, et ne pourra pas se permettre de perdre trop de temps, d’autant que pour l’instant, 2023 se ferait sans Libertadores.

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Profiter des retards

Une Libertadores qui continue de peser sur le début de saison de bien des clubs, ceux engagés. Estudiantes, avant-dernier représentant, a certes dominé Fortaleza pour se hisser en quarts, il n’avance pas en championnat repris par un Central Córdoba qui était pourtant mené de deux buts au Uno, n’ayant donc pris qu’un point sur les quatre derniers matchs. Même bilan famélique pour Vélez, si solide en Libertadores, si vacillant en championnat, battu par un Colón tout heureux de s’être imposé au Cemeterio de los Elefantes alors que mené au score et jouant à dix durant une grosse demi-heure. Un Sabalero qui restait sur trois défaites de rang, le bilan sur les cinq derniers matchs d’un Vélez qui accueillera River ce week-end. Dernier représentant de la Libertadores à accuser un énorme retard, Talleres, lui aussi quart de finaliste, encore battu ce week-end chez lui par Barracas Central.

Profitant de ces retards, d’autres s’accrochent en tête. À commencer par Newell’s qui peut tout de même se poser des questions sur sa gestion des rencontres, laissant encore échapper une victoire, peinant toujours à maintenir la pression sur deux mi-temps. La Lepra profite du tube du moment, l’Atlético Tucumán, avec un Carlos Lampe qui garde encore ses cages inviolées, et fait tomber un Gimnasia qui aurait pu prendre les commandes du championnat. Le Decano se retrouve dans le bon wagon, à deux points du leader. Dans ce wagon, quelques ambitieux, comme Racing. La Aca a affirmé son statut de reine d’Avellaneda en s’offrant un cinquième clásico sur les six derniers face à un Independiente à la dérive. Les hommes de Gago s’en sont remis à une envolée d’Hauche, un retourné parfait, et à défaut de leur fluidité habituelle, ont fait appel à leurs valeurs de guerriers pour sortir vainqueur de ce duel toujours acharné. Et restent donc à deux points de la tête, dans ce groupe des équipes à treize points, complété par Argentinos et Unión, placé derrière un trio de tête qu’Huracán complète. Autant de noms que l’on n’attendait pas forcément à pareille fête, autant de noms qui savent profiter au mieux des espaces laissés par des géants en transition.

Les buts

Classement

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