Comme attendu cette dernière journée a été folle et s’est jouée à la dernière seconde. Neuvième après son match nul à la maison contre La Equidad, l’Atlético Nacional est éliminé.

bandeauprimeira

Ça faisait cinq ans que Jefferson Duque que n’avait plus raté un penalty en championnat avec l’Atlético Nacional, il n’en avait raté que deux d’ailleurs. Au bout du temps additionnel son penalty a été stoppé par Washington Ortega, le portier de La Equidad. La sentence tombe, neuvième l’Atlético Nacional ne jouera pas les quadrangulaires et sa saison s’arrête là. Paulo Autuori peut se dire qu’il est maudit puisque c’était déjà lui qui était sur le banc en 2018, dernière année où le club n’avait pas réussi à se qualifier. Hasard du calendrier, arrivé pour les deux dernières journées, il n’avait pas réussi non plus à battre La Equidad à l’Atanasio Girardot et le club avait également trente points (seulement dix-neuf journées se jouaient à l’époque) soit un de moins que le dernier qualifié. Pour ce match le club verdolaga l’avait pris par le bon bout. Dans un Atanasio très largement rempli après à peine trois minutes Cristian Castro Davenish s’est jeté sur un coup-franc de Jarlan Barrera pour ouvrir le score. Mais ce but très tôt a plutôt eu un effet soporifique et comme ce sont surtout ses défenseurs qui ont apporté le danger. Et à force de trop dormir, La Equidad a fini par revenir sur un coup-franc où les deux joueurs dans le mur étaient en mode porte de saloon à vingt minutes de la fin. Terriblement logique pour le champion en titre qui n’aura jamais vraiment trouvé son rythme de croisière.

 

Ceux qui se sont passés par toutes les émotions, ce sont les supporters de Millonarios. La tête dans le seau au coup d’envoi, on attendait de voir la réaction des joueurs de Gamero. Ils sont, eux aussi, partis très fort avec un but après cinq minutes. Un but un peu confus, mais qui a lui aussi endormi tout le monde, surtout sa défense. En vingt minutes le club de la capitale s’est fait renverser. La faute notamment à un Álvaro Montero peu inspiré. Sa sortie casquette bien loin de sa surface a coûté le but de l’égalisation et sa très mauvaise lecture sur un centre rentrant a permis à l’Alianza Petrolera de passer devant. Auteur de paroles maladroites et mal-interprétées par les supporters, David Macalister Silva, enfant du club, était attendu au tournant. Il a répondu par une passe décisive pour Luis Carlos Ruiz qui a remis les deux équipes à égalité. Et les dix dernières minutes de la première période ont été folles. L’autre Ruiz, Daniel, a manqué un pénalty. Dans la foulée Carlos Gómez a permis au club embajador de passer devant juste avant la pause. Scénario parfait et sous une grosse chaleur la deuxième période a été nettement moins animée. Sur penalty à cinq minutes de la fin l’ancien lensois Jader Valencia a assuré la victoire. Vrai bol d’air et dynamique totalement inversée. Surtout que mercredi soir Millonarios s’est assuré de jouer, à minima, le tour préliminaire de la Libertadores, grâce à sa victoire en coupe. Auteur du deuxième but David Macalister Silva a définitivement été pardonné. De quoi en faire un des gros favoris pour le titre.

 

En dehors des qualifiés au coup d’envoi Junior devait faire le travail sur la pelouse de Jaguares. Pendant presque toute la première période on s’est demandé si le club de Barranquilla savait à quoi il jouait tant il était inoffensif. S’il y a eu deux occasions franches avant la pause, c’est surtout après la reprise que les joueurs de Comesaña ont accéléré. Blessé en première période Fabián Sambueza a cédé sa place à Nelson Deossa. Revenu en rock star, Carlos Bacca a d’abord donné de l’air à tout le monde en reprenant un ballon relâché par le gardien. Au placard depuis l’arrivée de l’éternel entraineur uruguayen, Deossa est venu libérer son club peu après l’heure de jeu. Sans être flamboyant, la qualification est donc validée et c’est bien là l’essentiel. Si les victoires de Junior à l’extérieur lui ont permis d’arracher sa place, pas suffisant cependant pour en faire un favori pour le titre, déjà parce que son groupe n’est pas un cadeau mais surtout parce qu’il n’y a aucune progression dans le jeu. Battu en finale de la coupe c’est une saison sans Libertadores qui se profile et au vu de l’effectif, c’est un énorme échec.

Le leader de cette phase régulière s’appelle Santa Fe. Le deuxième club de Bogotá s’est lui aussi fait peur à la maison contre Once Caldas. Auteur d’une énorme erreur défensive, Geisson Perea a offert le premier but de la rencontre aux visiteurs. Si la qualification n’a jamais vraiment été menacée, Alfredo Arias a fait appel à l’ADN de ces dernières années pour renverser la situation. Et l’ADN santafereño ce sont les coups de pied arrêtés. Une combinaison sur coup-franc avec une première tête de Carlos Sánchez puis une deuxième victorieuse d’Andrey Estupiñan pour remettre les pendules à l’heure. Héros malheureux en première période Geisson Perea a endossé le bon costume juste avant l’heure de jeu. Encore sur coup-franc, Nayder Moreno à la baguette, et donc la tête rageuse du défenseur central. Ce Santa Fe sera donc un adversaire coriace en quadrangulaire, même si ses errements défensifs répétés pourraient lui coûter très cher. D’autant plus que le leader de la phase régulière ces dernières années a très rarement été champion derrière.

 

Place donc dès ce week-end aux quadrangulaires. Avec déjà des changements qui feraient passer François Pignon pour un prix Nobel. Initialement prévu au 30 novembre, la fin du championnat a dû être décalée parce que les clubs n’avaient anticipé sur le calendrier des concerts (calendrier connu depuis février) qui auront lieu ce mois-ci à l’Atanasio Girardot et au Campín. Le problème ? Beaucoup de club avaient anticipé une fin de contrat au 30 novembre et ce changement fait que beaucoup de joueurs seraient donc libres au 1er décembre. Sans parler du Mondial au cours duquel Millonarios se verra amputé de son défenseur international costaricain Juan Pablo Vargas par exemple. Sans compter que les dirigeants, notamment ceux de Patriotas, de l’Atlético Nacional et de Bucaramanga, ont essayé de jouer un bien vilain tour au Deportivo Pereira. Le club est en train de changer de propriétaire et de statut et ces autres clubs lui ont gentiment demandé de descendre en deuxième division sous prétexte que le « nouveau » club avec les nouveaux statuts n’avait pas la licence. C’est peut-être lié au fait que cette équipe est tout simplement la meilleure à l’extérieur ce semestre avec cinq victoires sur ses dix déplacements.

Pour parler du terrain, même format que lors du premier semestre avec donc deux groupes de quatre et les premiers de chaque groupe qui s’affronteront en finale. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a clairement un groupe de la mort. Le Groupe A nous offrira deux clásicos capitalinos, un remake de la finale de coupe puisque Junior retrouvera le Deportivo Pereira. Et premier classique de la capitale dès dimanche (22 heures, heure française). Dans l’autre groupe le DIM et l’América (bien que le club escarlata ait tremblé pour se qualifier avec un 0-0 crispant) feront office de favori même si Rionegro et Pasto ne seront pas faciles à jouer.

colcuad