La Bendita Copa Libertadores a repris ses droits, et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas été submergés par l’émotion. Retour sur sept matchs nuls…
Si les supporters de Boca, River, São Paulo, Santos ou encore Olimpia se plaisent à rappeler que cette année, la phase finale de la Sudamericana est plus intéressante que celle de la plus grande des compétitions, les seize équipes encore en lice en Libertadores n’ont absolument rien fait pour le démentir.
Tout a commencé au Maracanã, où Fluminense recevait l’équipe qui lui a permis de rester en vie grâce à sa victoire lors de la dernière journée de la phase de poule en Bolivie, alors que la Lepra Mendocina était déjà qualifiée et assurée de finir première. Pas de calculs côté Independiente Rivadavia pour sa première participation : ganamos, y a otra cosa… Une défaite n’aurait rien changé et aurait permis d’éliminer un géant du continent. Et comme le destin est farceur, le tirage au sort les a de nouveau réunis. Si les Argentins n’ont pas réussi à reproduire l’exploit du match aller, à savoir gagner au mythique Estadio Jornalista Mário Filho, les Mendocinos repartent avec un match nul sans but et toutes leurs chances. Car désormais, Fluminense devra se qualifier dans un Malvinas Argentinas qui s’annonce bouillant. Entre-temps, Luis Zubeldía, qui était déjà sur la sellette après un enchaînement de mauvais résultats (aucune victoire depuis la fin de la Coupe du monde et une élimination en Copa do Brasil face au rival Vasco), n’aura pas survécu à une énième désillusion. Juste avant le match retour, Flu s’est imposé avec une virada en toute fin de match face à Palmeiras. De quoi se remettre la tête à l’endroit.
Au UNO, c’est un Estudiantes en dents de scie qui recevait l’Universidad Católica. Si ce match sentait le piège à plein nez, les Pincharratas se sont rapidement mis à l’abri, dès la quatrième minute, par l’intermédiaire de l’inévitable Joaquín Tobio Burgos. Enfin, c’est ce que l’on pensait. Estudiantes a globalement dominé la rencontre pendant soixante-dix minutes, avant la fameuse pause fraîcheur malgré les dix degrés (qui ne nous avait pas manquée, et pour le coup, pas encore de publicités dans les compétitions CONMEBOL). Malheureusement pour lui, et par excès de confiance, EDLP a laissé un peu plus le ballon aux Chiliens et l’éternel Zampedri s’est chargé d’égaliser à dix minutes du terme de la rencontre. Le buteur chilien de trente-huit ans a malheureusement vu jaune et sera suspendu pour le match retour à la Claro Arena. Si l’on pouvait penser le pincha démoralisé, la victoire 4-0 lors du clásico platense ce week-end lui a permis de préparer au mieux ce match retour ô combien important. Même si l’UC est désormais en position favorable, il ne faut jamais oublier la fameuse mística pincharata en Copa Libertadores de América.
Scénario similaire à Vicente López, où Platense recevait Coquimbo Unido. Désormais entraîné par la légende xeneize Martín Palermo, le Calamar nous a offert un début de match très solide. Une domination validée par un but de la tête signé Luciano Giménez peu avant la pause. Au retour des vestiaires, Coquimbo a inversé le rapport de force, mais Platense a résisté. Conscient du danger, Platense a repris le contrôle du match et a obtenu un penalty à la 81e, doublement stoppé par Sánchez : le tir initial de Mainero, puis celui sur le rebond. Superbe. Coquimbo restait en vie. Assommé, Platense pensait d’abord à préserver sa petite avance. C’était sans compter sur l’ex « nouveau Messi », celui qui était annoncé partout comme la future grande star argentine aux alentours de 2014 (mais qui a eu une carrière plus que douteuse) : Guido Vadalá. Au bout du bout du temps additionnel, l’ex Boca a inscrit le but de l’égalisation suite à un centre de Zavala, bien aidé par une erreur du gardien argentin. Un but partout, un résultat plus qu’amer pour les locaux, qui auraient sans doute mérité mieux.
Du côté de São Paulo, nous assistions au cent cinquantième Palmeiras-Cerro Porteño des quatre dernières années. Cependant, et contrairement à d’habitude, les Paraguayens ont tenu bon. Si Palmeiras a très largement dominé la rencontre, l’expulsion du Belge Andreas Pereira a mis le Verdão en difficulté. Malgré tout, l’inexorable Flaco López a ouvert le score à la 82e. Mais dans le temps additionnel, une grosse boulette du gardien Carlos Miguel a permis au Ciclón paraguayen d’égaliser. Et le retour s’annonce passionnant à la Nueva Olla.
Toujours dans l’État de São Paulo, Mirassol recevait la LDU de Quito. Si les Équatoriens ont dominé la première période, c’est bien Mirassol qui, contre le cours du jeu, a inscrit le premier but au quart d’heure de jeu. Après la mi-temps, les Brésiliens se sont ressaisis, ont raté quelques occasions, et ce fut au tour de la LDU d’égaliser, également contre le cours du jeu. Position favorable pour la Liga, qui recevra le match retour en altitude, facteur ô combien important face aux Brésiliens, éternellement terrorisés par ce paramètre.
Toujours au Brésil, le duel au sommet entre Cruzeiro et Flamengo n’a pas franchement tenu ses promesses au Mineirão. Jardim avait décidé de laisser Paquetá et Pedro sur le banc. Au terme d’une première période âpre, c’est bien la Raposa qui a ouvert le score via Kaio Jorge / Keny Arroyo. Dix minutes plus tard, Jardim a fait entrer l’artillerie lourde et Paquetá n’a même pas eu besoin d’une minute pour égaliser. Tout reste à faire au Maracanã. Les deux équipes sont en forme, puisque Cruzeiro a gagné à la Neo Química Arena face au Corinthians pendant que Flamengo a détruit Mirassol à l'extérieur.
Le dernier match était sans doute le plus intéressant sur le papier : Fernando Diniz contre Jorge Almirón, la revanche de la finale de la Libertadores 2023, avec deux clubs différents. Dans un Gigante de Arroyito surchauffé, la première période a énormément déçu. Corinthians, sans faire grand-chose, a obtenu les meilleures occasions, dont une tête sur le montant. En seconde mi-temps, Central a poussé, multipliant les occasions sans toutefois réussir à trouver la faille. Le bloc défensif de Diniz est resté compact et a tenu, malgré l’expulsion d’Allan pour un deuxième carton jaune à la 80e. Rappelons les absences de poids côté Corinthians : son serial buteur Yuri Alberto, Memphis Depay (dont la telenovela « prolongation de contrat » s’éternise mais devrait aboutir d’ici peu) et André Luiz. Tout reste à faire à la Neo Química Arena, mais n’oublions pas que Don Jorge Almirón est le spécialiste de la qualification sans remporter le moindre match.
La dernière rencontre aller, opposant Tolima à Independiente del Valle a été reportée à cette semaine en raison du tremblement de terre qui a secoué la Colombie. Les matchs retour seront à suivre sur LOTV à partir de ce soir.
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Photo une : Marcelo Endelli/Getty Images


