Pour la première édition de la toute nouvelle compétition créée par la CONMEBOL et l’UEFA, Italie et Argentine s’affrontent à Wembley. L’occasion de revenir sur une histoire officielle finalement assez récente.

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Indépendamment des liens qui unissent les deux pays, des vagues migratoires des XIXe et XXe siècle qui ont influencé la création de quelques clubs devenus légendes sur les rives de Río de La Plata ou des oriundi qui ont parfois porté les deux maillots, Italie et Argentine n’ont finalement connu que très peu d’affrontements directs au cours de leur longue histoire. Les deux formations se sont en effet affrontées à quinze reprises, cinq fois seulement en compétitions officielles. Toujours en Coupe du Monde.

1974, la première fois

L’histoire entre Nazionale et Albiceleste débute lors d’un amical disputé en décembre 1954 à Rome. L’Italie s’impose (2-0), elle en fait de même lors de deux des trois amicaux qui suivent, celui de juin 1961 (victoire 4-1) et celui de juin 1966 (victoire 3-0). Entre temps, l’Argentine a connu sa première victoire dans cette confrontation, elle a lieu de le 24 juin 1956. Il faut attendre le 19 juin 1974 pour que l’Argentine et l’Italie se croisent en compétition officielle.

Le Mondial allemand a bien débuté pour la Nazionale qui s’est imposée face à Haïti, même si Dino Zoff a vu sa série d’invincibilité prendre fin. Côté albiceleste, la défaite concédée face à la Pologne met déjà une forte pression sur les hommes du capitaine Roberto Perfumo qui commande une sélection qui sort d’une campagne de qualification peu convaincante et qui s’appuie sur un quatuor qui a brillé avec le Huracán de Menotti : Jorge Carrascosa, Carlos Babington, Miguel Ángel Brindisi, René Houseman. Ce dernier est titulaire pour le match face à l’Italie. Servi par Babington, Houseman attend le rebord et envoie sa frappe dans la lucarne de Dino Zoff. C’est le seul éclair argentin dans la rencontre. Perfumo marque contre son camp à dix minutes de la pause, plus rien n’est inscrit, l’Albiceleste se montrant impuissante durant les quarante-cinq dernières minutes. L’Argentine prend sa revanche sur l’Italie en arrachant la qualification pour le tour suivant à la différence de buts grâce à une victoire 4-1 face à Haïti, avec notamment le 900e but de l’histoire de la sélection signé Héctor Yazalde. Elle n’ira pas bien loin, étant notamment balayée par les Pays-Bas de Cruijff.

1978, la première place

Près de quatre ans plus tard jour pour jour, les deux sélections se retrouvent de nouveau au premier tour avec cependant un climat bien plus serein. Victorieuses de la France et de la Hongrie, elles sont toutes deux qualifiées, leur affrontement n’ayant finalement qu’un seul enjeu, définir la première place. Le Monumental a tout de même fait le plein pour ce match, Menotti a procédé à peu de rotation et ce match lève finalement plus de doutes que de certitudes côté albiceleste. Car si l’Argentine a le ballon, elle se montre finalement peu dangereuse, la faute à un manque d’idées, de créativité. La presse de l’époque pointe ces carences, ces doutes naissant dans l’esprit d’une Argentine qui se veut championne du monde, notamment le manque de Luque, les errances de Passarella, le positionnement de Kempes seul en pointe. Un but de Roberto Bettega renforce ces doutes qui pointent. L’Italie s’impose et remporte son groupe filant vers un groupe 100% européen, l’Argentine deuxième se retrouve dans le groupe du Brésil, de la Pologne et du Pérou. Mais si elle continue à ne pas réussir à prendre le meilleur sur le rival azzurri, elle prend de nouveau sa revanche sur le sort en allant décrocher le titre, en s’offrant cette fois les Pays-Bas dans un match qui fait de Kempes une légende locale. Les deux formations commencent tout de même à s’habituer à s’affronter. Les trois Coupes du Monde suivante vont perpétuer la tradition. Une suite de l’histoire à lire sur Serie A Mon Amour.

Crédit photo : Icon Sport