La Libertadores sera brésilienne, sa petite sœur sera argentine. Après avoir piégé et profité du manque d’efficacité de Vélez à l’aller et au retour, Lanús retrouve la finale sept ans après et y affrontera un Defensa y Justicia tube du moment qui y fera ses premiers pas.

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Il y avait eu la victoire à l'aller, acquise sur la plus petite des marges mais déjà synonyme de ballotage favorable, celle du retour n’a finalement fait d’une part que confirmer, d’autre part d’assurer de manière éclatante la précédente. À la Fortaleza, la bande à Zubeldia a utilisé les mêmes ingrédients qu’à l’aller, poussant encore plus son efficacité. Pour triompher de Vélez, le Granate est devenu le chantre du pragmatisme : bien défendre, savoir souffrir, profiter de la capacité à gâcher des offensifs adverses quand il le faut et sortir rapidement, frapper au bon moment. La démonstration a été éclatante. 74% de possession pour le Fortín en première période, de nombreuses situations générées, et une domination de tous les instants, rien n’y a fait. Pire, en deux minutes, la finale s’est envolée : rouge pour Tarragona et but de Belmonte sur une remise de Pepe Sand sur un dernier corner. Quelque peu sonné, Vélez a sombré en deuxième période sur une nouvelle contre-attaque et un beau débordement d’Aguirre, une remise de De la Vega et un but de renard d’Orsini. L’affaire était pliée à l’heure de jeu, Sand offrait à Bernabei le but du 3-0 dans les ultimes secondes et après avoir sorti Bolívar, São Paulo, et Independiente, Lanús ajoute Vélez à son tableau de chasse pour retrouver la finale d’une compétition remportée en 2013.

Face au Granate se dressera un autre Argentin. Après le report de la manche aller et sa délocalisation au Paraguay, d’où el Halcón est revenu avec un nul sans but face à un Coquimbo Unido toujours aussi surprenant, le retour a permis aux hommes de Crespo d’exposer une fois encore leur football. Le premier acte de cette demi-finale retour a été en effet une démonstration, un récital : justesse technique, mouvement permanent, contrôle du tempo et volonté offensive de tous les instants, il aura ainsi fallu l’ouverture du score surprise des Chiliens pour provoquer un raz-de-marée vert et jaune. Au sommet de ce récital, Braian Romero. Buteur en finale de la Suruga, devenue J.League Cup / Copa Sudamericana Championship, l’attaquant del Halcón s’est une fois encore montré clinique, a su exploiter à merveille les espaces laissés dans son dos par une défense adverse à l’alignement parfois douteux pour, après avoir donné l’égalisation à Pizzini, s’offrir un triplé qui porte son total en Sudamericana à neuf buts en huit matchs (auxquels on peut ajouter les trois buts en quatre sorties de Libertadores 2020). Defensa y Justicia menait ainsi 4-1 à la pause, le match était totalement plié et si la bande à Crespo relâchait quelque peu en deuxième période, bien que gâchant quelques opportunités d’accentuer son avance, l’histoire s’est écrite. L’équipe de Florencio Valera disputera la première finale continentale de son histoire.

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.