Alors que les deux premiers quarts de finale n’ont connu aucun suspense, les deux derniers de la nuit ont vu les favoris se prendre les pieds dans le tapis.

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Le sprint final est donc lancé en Argentine et il débutait par la rencontre la plus déséquilibrée sur le papier entre le Racing de Gago et l’Aldosivi de Palermo, duel d’anciennes icones xeneizes désireuses de retrouver leur Boca en demi-finale. Comme prévu, il n’y a pas eu de match. Cent cinquante-sept jours sans perdre sur son sol symbolisés par un but d’entrée de partie avec déjà au cœur de l’action un Matías Rojas et à la conclusion Charly Alcaraz. Racing a contrôlé la partie, son rythme, son tempo, faisant bouger le ballon de gauche à droite comme pour mieux faire danser un Aldosivi qui a rapidement compris qu’il n’aurait d’autre rôle à jouer que celui de partenaire de démonstration. Et Racing a frappé quatre autres fois, Fernando Gago a pu tranquillement faire tourner son effectif et placer sa Gagoneta sur le chemin idéal de la demi-finale. Une demi-finale qui sera fidèle à ce qu’escompté puisque dans l’autre match a vu le Boca de Battaglia s’imposer une nouvelle fois sans trembler. Un Boca solide, parfaitement discipliné, pressant plus haut avec plus d’intensité. Et surtout, un Boca qui commence à montrer du caractère, une personnalité. La sorte de 4-3-3 avec le double pivot Romero – Pol Fernández, Alan Varela jouant la sentinelle et apportant l’équilibre, fonctionne bien, la vitesse de Villa pèse toujours sur les défenses adverses. Et Boca a donc tranquillement écarté un Halcón au sein duquel Becaccece ne cesse de rager contre un calendrier qui l’a contraint à jouer quarante-huit heures après son dernier match.

Pour les sensations, il fallait donc attendre les deux derniers quarts. Du côté de La Plata, on vantait les mérites d’un Estudiantes sauce Ruso Zielinski capable d’être efficace quand devant souffrir et joueur quand ayant le ballon. L’efficacité, Argentinos Juniors y a goûté lorsque Mauro Boselli surgissait à la demi-heure dans le dos de la défense pour ajuster Lanzillota à bout portant. Jusqu’ici, le Bicho de Milito semblait contrôler la partie, le trio Florentín – Vera – Galarza régnait sur le milieu, Nuss et Bittolo animaient les couloirs, mais les visiteurs du soir manquaient de profondeur et faisaient parfois les mauvais choix pour capitaliser une possession totalement leur. Le but n’a finalement rien changé aux ambitions d’Argentinos, pas plus que l’exclusion un peu sévère de Galarza avant l’heure de jeu, pas plus que les décisions parfois litigieuses du corps arbitral sur deux sorties d’Andújar devant Ávalos (avec une vérification au VAR du hors-jeu sur la deuxième qui a pris près de cinq minutes !). Car Argentinos pouvait s’appuyer sur son jeu, est logiquement revenu sur une merveille de volée de Fausto Vera et a donc poussé Estudiantes jusqu’aux tirs au but, séance que le Bicho a également remportée pour se hisser en demi-finales.

Des demies où il ne croisera pas River. On pensait voir la bande au Muñeco Gallardo rouler sur un Matador. Il n’en fut rien, loin de là. Tigre avait un plan, défendre à huit ou neuf, attaquer à quatre-cinq en maximisant l’efficacité. Cinq minutes de jeu, Retegui, qui avait déjà chauffé les gants d’Armani, plaçait sa tête sur un centre de Zabala. River piégé d’entrée tentait de revenir mais Diego Martínez faisait resserrer les lignes aux siens. Julián Álvarez enfermé dans une nasse, bloquant les deux Enzo, en particulier le facteur X du semestre, Enzo Fernández, Tigre résistait et guettait la moindre opportunité, attendait le traditionnel cadeau millonario. Le Matador en aura plusieurs : du manque d’efficacité offensive symbolisé par un contrôle raté de Casco parfaitement lancé dans la surface à Pochettino seul face au but, et défensive, comme lorsque Paulo Díaz, pourtant l’une des rares valeurs sûres de la défense de River, rendait un ballon à Colidio et glissait, laissant l’attaquant de Tigre ajuster Armani. Il restait certes vingt-cinq minutes à jouer, mais une fois encore, le manque de profondeur et d’idées de River lui coûtait cher, autant que ses largesses. Tigre signe ainsi la performance des demi-finales et se prépare à défier Argentinos Juniors pour une place en finale.

 

 

Crédit photo : JUAN MABROMATA/AFP via Getty Images