Avec huit équipes en trois points, l’Apertura bolivien s’est interrompu tel une saison d’une série à succès : sur un cliffhanger qui décuple l’impatience.

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Pour susciter l’attente, rien de mieux qu’un bon suspense. Avant de baisser le rideau comme l’ensemble des autres championnats sud-américains, la Bolivie a donc décidé de faire de son mieux pour offrir le meilleur des cliffhangers. Et y est parvenue avec brio.

Tout a commencé par un duel au sommet entre deux ambitieux aspirant à renverser les géants :  Royal Pari – Always Ready. Un duel qui a tourné court tant Royal Pari a écrasé la rencontre. Il n’a fallu que dix-sept secondes à Jhon Jairo Mosquera pour profiter de la pression exercée par le duo Ursino – Siles sur les visiteurs et s’en aller tromper Carlos Lampe. Les locaux allaient se procurer deux autres belles situations, toujours des pieds de Mosquera, mais allaient surtout attendre le second acte pour dérouler, profitant d’une défense adverse d’une passivité déconcertante et rapidement totalement déstabilisée par les combinaisons des hommes de Miguel Ángel Portugal. Ursino doublait la mise avant qu’un jeu à trois entre Mosquera, Ursino et Miranda n’aboutisse au 3-0 qui pliait définitivement l’affaire. Si Always Ready parvenait à se montrer menaçant, s’appuyant notamment sur les entrées de Sanguinetti et Rojas à la pause, les hommes de Villegas n’y étaient pas véritablement et allaient terminer à dix après l’exclusion de Víctor Hugo Melgar. Royal Pari pouvait alors gérer son match, si les Millonarios réduisaient l’écart en fin de partie, immédiatement, Mosquera redonnait une ampleur plus logique à cette victoire d’un Royal Pari qui revenait ainsi à un point du alors toujours leader Always Ready.

Cette place ne tenait qu’à un fil, elle était l’enjeu du choc opposant les géants Bolívar et Jorge Wilstermann qui se déroulait dans un Hernando Siles lui aussi à huis clos faute de pandémie. Un huis clos qui ne déstabilisait pas des Aviadores bien plus entreprenants qui, emmenés par un duo Pochi Chávez – Serginho principal générateur de danger, allaient rapidement ouvrir le score, William Álvarez profitant d’un centre tendu de Seginho pour pousser le cuir au fond des filets de Rojas. Incapables de réagir, les hommes de Claudio Vivas laissaient le contrôle de la partie aux visiteurs qui allaient gâcher plusieurs situations en première période mais aussi après le retour aux vestiaires, la plus belle situation restant la double occasion pour Carlos Melgar et Serginho à vingt minutes de la fin. Reste qu’entretemps, Vivas avait lancé Leo Vaca et le jeu de l’Academia s’en était ressenti. Ce dernier offrait à Teodoro Cárdenas le but égalisateur qui relançait tout. Bolívar allait ensuite se procurer plusieurs énormes situations mais allait soit buter sur un excellent Arnaldo Giménez (comme Jorge Pereyra de la tête), soit trouver les montants (el Conejo Arce en fin de partie), soit manquer de précision. Au final les deux géants se séparent sur un nul logique, qui comme le veut l’adage, ne fait les affaires de personne, permettant ainsi à Always Ready de rester leader.

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Personne ne semblant vouloir prendre cette première place, ne restait que deux possibilités : Blooming et The Strongest. Le premier est tombé à Oruro face à un San José toujours dirigé par Omar Asad et qui a réussi l’une des performances de la semaine en s’imposant finalement d’un but chez lui après avoir joué plus d’une heure en infériorité. Les Santos ne font pas que priver Blooming d’une première place qui lui semblait promise, ils signent surtout une quatrième victoire en cinq matchs qui les place à seulement trois points du leader. Preuve aussi qu’avec le temps, la méthode Omar Asad porte ses fruits. Alors finalement, la première place a été conquise par un géant, le seul non nommé jusqu’ici : The Strongest.

En déplacement à Santa Cruz de la Sierra, les Tigres ont d’abord beaucoup souffert face à Oriente Petrolero. Les Verdolagas de Pablo Sánchez se sont créés les meilleures situations et ont permis à Daniel Vaca de briller devant Freddy Roca et Marcos Bueno. Pas assez efficaces, les locaux allaient le payer sur deux percées des Atigrados qui se concluaient de la même manière : une passe de Reinoso pour Willie Barbosa. Le Brésilien voyait sa première frappe déviée terminer dans la but, la seconde, plus lointaine, mal appréciée par Banegas. The Strongest virait ainsi en tête de deux buts à la pause alors qu’il n’avait pas montré grand-chose. Cette avance allait libérer les Atigrados qui dominaient sans problème le second acte après une entame pourtant encore en faveur d’Oriente Petrolero. Le milieu était contrôlé par les visiteurs qui s’offraient un troisième et dernier but en fin de partie. Un large succès qui offre donc la première place à la différence de buts au Strongest et plonge davantage Oriente Petrolero dans la crise, renforcée par l’intrusion des barras au centre d’entraînement qui n’ont rien trouvé de mieux que de venir agresser tout le monde présent. Preuve qu’il est aussi sans doute temps de souffler quelque peu.

C’est donc avec huit équipes qui se tiennent en trois points, neuf en quatre points si on inclut le Nacional Potosí qui a écrasé le voisin potosino dans le clásico (4-0), que l’Apertura bolivien a donc baissé son rideau. Les clubs ont tous décidé de suspendre leurs activités jusqu’à la fin du mois, une réunion sera organisée début avril pour décider de l’avenir d’un tournoi qui n’est pas encore à mi-parcours.

Résultats

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Classement

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Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.