La deuxième journée des quadrangulaires pourrait sceller le sort de Junior et de l’América qui ont perdu leur deuxième rencontre. Rionegro a enchainé. Santa Fe et Millonarios ont pris les commandes du groupe A.

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Battu après un match fou contre Pereira on attendait la réaction de Junior au Metropolitano contre Millonarios. Sans Viera, suspendu, Jefferson Martínez gardait les cages. Mais si l’habituel numéro deux ne générait pas d’inquiétude particulière tant son niveau est excellent, c’est surtout devant qu’il y avait une hécatombe. Bacca suspendu, les autres sur le flanc, Comesaña avait deux options ; ou jouer avec un faux-neuf ou faire monter un jeune du centre. Il a opté pour la première avec tantôt John Pajoy tantôt l’international vénézuélien Luis González dans cette position. Avec beaucoup de joueurs techniques Junior a logiquement posé le pied sur le ballon et Pajoy a eu deux bonnes occasions mais s’est heurté à un très bon Álvaro Montero. Sans s’affoler Millonarios a été patient et a frappé sur sa première occasion à la demi-heure grâce à ses Ruiz. Luis Carlos a profité d’une balle qui traînait dans la surface pour servir Daniel à l’entrée des seize mètres. Sa frappe fouettée du gauche a fait mouche. Merci au revoir. Très brouillon, donc inoffensif, Junior s’est frustré et a laissé des espaces à Millonarios. Cataño et Valencia sont passés tout près de doubler la mise mais le portier du club « tiburón » a été impérial. Deux défaites après deux journées et Comesaña a déjà laissé sous-entendre que la saison était terminée avec un « on m’a pris pour qualifier le club en finale de la coupe et en quadrangulaires. J’ai atteint les objectifs. Ce qui arrive après, vouloir jouer la finale, la gagner, il faut se préparer pour ça. » Avec une infirmerie pleine et une situation déjà critique avec deux déplacements en altitude à négocier, il faudrait donc un miracle pour voir Junior en finale et la troisième journée avec son premier voyage dans la capitale pour défier Santa Fe pourrait déjà sceller son sort.

 

Une équipe de Santa Fe qui sera leader au coup d’envoi. Et événement incroyable, Santa Fe a marqué dans le jeu et à deux reprises s’il vous plaît. Par contre, le club peut s’estimer heureux parce qu’il aurait pu (ou dû) se retrouver mené. Le Deportivo Pereira emmené par un Leonardo Castro encore une fois excellent a manqué une énorme balle de 0-1 avec un raté incroyable de Yilmar Velásquez qui a trop croisé sa frappe alors qu’il était seul face au gardien. Dominateurs, les joueurs d’Alejandro Restrepo ont craqué dans la dernière demi-heure après l’expulsion de Jherson Mosquera. Avec plus d’espaces José Enamorado et Andrey Estupiñan ont été bien plus dangereux. C’est le deuxième cité qui a délivré Santa Fe dans le dernier quart d’heure en prolongeant dans le but une tête de Johan Torres. Entré en jeu Mathias Mier a délivré une offrande à Wilson Morelo pour mettre un terme à tout suspense à trois minutes de la fin. Le club cardinale a fait la différence grâce à un Alfredo Arias inspiré dans ses changements. Avec quatre points il prend la tête de ce groupe (grâce au point invisible) et peut mettre la pression à tout le monde dès dimanche en battant Junior à la maison. (Millonarios/Pereira se jouera lundi aussi au Campín). Le club de Pereira pourra lui regretter de ne pas être rentré aux vestiaires avec ce but d’avance qui aurait été mérité n’a pas à rougir de sa prestation. D’un point de vue comptable, cette défaite ne le laisse pas hors-course pour la première place mais il faudra prendre des points lundi.

 

Dans l’autre groupe on attendait le choc entre l’América et le Deportivo Independiente Medellín au Pascual. Largement dominé lors de la première journée le club « escarlata » se devait de réagir. Il n’en a rien été. Sauvé d’entrée par son poteau sur une tête de Luciano Pons, touchée par le gardien et qui a rebondi sur son épaule avant de sortir en corner, l’América a montré trop de failles défensives pour espérer quelque chose dans ce match. Graterol auteur d’une bourde fatale contre Rionegro. Novoa a essayé de l’imiter avec un dégagement trop tardif contré par Pons et qui aurait pu coûter un but. Et quand ce n’est pas Novoa, c’est la défense qui a fait un cadeau. Sur un corner Gianfranco Peña a ceinturé Luciano Pons. Pourtant bien placé, l’arbitre n’a rien signalé et ce sont ses assistants vidéo qui sont intervenus pour qu’il aille voir le petit écran et donc signaler la faute. En force c’est Andrés Cadavid qui a transformé la sentence. Sonné l’América a timidement essayé de réagir avant la pause, uniquement par des frappes de loin, avant de sombrer d’entrée de deuxième période. Grâce à une passe délicieuse d’Arregui, Pons s’est retrouvé en un-contre-un devant Novoa. Frappe croisée, 0-2 et match terminé. À l’abordage les joueurs de Guimarães sont tombés sur un Andrés Mosquera Marmolejo inspiré et auteur de trois arrêts importants pour éviter la réduction de l’écart. Avec cette deuxième défaite l’América est déjà presque condamné et devra multiplier les exploits pour espérer accrocher la première place et espérer que son adversaire du soir neutralise le leader. Avec quatre points, le DIM se relance et jouera donc deux finales contre Rionegro pour se rapprocher un peu plus de la finale.

 

Parce que oui le leader c’est Rionegro. Six sur six pour les hommes de Leonel Álvarez qui étaient en déplacement sur la pelouse de Pasto. Plus entreprenant mais sans être pour autant flamboyant Rionegro a arraché un succès précieux grâce à une tête parfaite de Marco Pérez qui a heurté la transversale avant de rentrer à l’heure de jeu. C’était déjà lui à l’origine de la première occasion du club antioqueño en première période avec une reprise en pivot puissante mais trop sur le gardien. Et pour être champion il faut parfois de la réussite, en toute fin de match le Deportivo Pasto a touché du bois avec la tête de son capitaine, Camilo Ayala, qui a trouvé la transversale. Deuxième fois en deux matchs que ce joueur touche la barre. Cette défaite à la maison condamne pratiquement les chances de Pasto, d’autant plus que Pedro Alzate, un des adjoints du club a allumé la DIMAYOR avant le match contre l’América en expliquant que le club « priait pour que ce ne soit pas Roldán (Wilmar NDLR) qui arbitre parce qu’à chaque fois que c’est lui l’América. Je sais, j’ai travaillé à l’América et je sais que quand Roldán vient l’América gagne, c’est une aide. On le voit d’une autre manière et encore plus nous comme petite équipe. » Si son souhait a été entendu (ce sera Andrés Rojas au sifflet) sa sortie pourrait être sanctionnée et surtout ne pas aider son club. Bien loin de ces considérations, le Rionegro/DIM de ce samedi soir est certainement la grosse affiche du week-end. Et si les dirigeants ont un temps pensé à délocaliser ce match à l’Atanasio Girardot (plus de billetterie), ils se sont ravisés et le match aura bien lieu à l’Alberto Grisales. Avec en jeu une occasion unique de faire un premier trou devant.

 

Résultats et classement

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