Peñarol et Nacional laissent filer des points et ne devraient pas disputer la finale de l’Intermedio qui devrait donc voir s’opposer deux « petits » comme Liverpool et Defensor ou Danubio. Peñarol reste leader au classement annuel malgré l’arbitrage, la fédération, la CONMEBOL et les reptiliens. Nacional a pleuré la mort de son président. Retour sur deux semaines en Uruguay.

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C’était donc la triste nouvelle de la semaine dernière même si elle était attendue : le président de Nacional, José Fuentes, est décédé juste avant la journée et le Nacional – Plaza a été reporté de quelques jours le temps des obsèques. José Fuentes, une longue vie de supporter de Nacional, dont l’apogée restera sans doute ce voyage à Madrid pour câliner Luis Suárez et lui expliquer l’impact qu’il aurait pour les gens, les supporters, les spectateurs. José Fuentes reste aussi un président rare, un homme n’aimant pas parler plus haut ou plus fort que l’autre, un travailleur plus qu’un communiquant. Et dans un club en sociétariat aux élections régulières, c’est très rare. En milieu de semaine, et après un vibrant hommage dans le stade, Nacional a logiquement battu Plaza. Quelques jours plus tard, le club est revenu à l’ordinaire avec un match très moyen contre Racing, score final de 2-2, et même si le club se rapproche point par point de Peñarol, le jeu du Guti ne convainc pas. Le deuxième but de Nacional, de Yonattan Rodríguez, vaut le détour pour sa précision et sa puissance associées. Pendant ce temps, Sergio Rochet et Camilo Candido, deux piliers du titre de l’année dernière, les deux derniers toujours présents, se sont engagés au Brésil dans la semaine…

De son côté, Peñarol a continué sa saison en tête d’un championnat « qui n’a plus aucune crédibilité » selon le toujours très sémillant Nacho Ruglio. Peñarol a dominé un Torque qui va tout droit en deuxième division avant de perdre un match où le corps arbitral n’a pas été des plus heureux, notamment sur le deuxième but refusé en toute fin de première période pour une influence peu évidente d’un joueur dont le hors-jeu n’est pas très clair. Peñarol n’était pas non plus obligé de laisser le pauvre Thiago Cardozo seul sur un corner rapidement joué et converti tout en filouterie par Guillermo May pour l’équipe du Coco Conde. Mais l’ensemble, dont d’autres fautes dont on a moins parlé dont un tirage de maillot clair comme le nez au milieu de la figure sur Rossi, laisse un goût amer. Ce goût amer d’un mauvais match de Fedorczuk (principal responsable à l’écoute des audios du VAR) s’est transformé en une nouvelle tornade de mauvaise foi et de lutte politique, certains dirigeants menaçant de quitter purement et simplement l’AUF. À défaut de leur dire de le faire, on ne pourra que leur rappeler en cas de victoire en fin d’année que le championnat était truqué et qu’il n’avait aucune valeur.

Les deux grands laissant s’échapper des points, les autres derrière en profitent non seulement pour offrir une finale d’Intermedio qui se jouera sans doute entre petits, mais aussi pour offrir un championnat relancé avec les deux grands à portée de fusil de quelques clubs historiques comme Defensor qui a obtenu une victoire difficile mais méritée contre Boston River à Las Piedras sur un but magnifique d’Anderson Duarte, qui continue à émerveiller après sa Coupe du Monde U20. Le Defe s’offre ainsi une sorte de finale contre Danubio, qui se jouera ce week-end et qui sera le match le plus important de la journée. Le Defensor arrive avec une longueur d’avance en termes de jeu et de points au classement. Dans l’autre groupe, Liverpool a perdu de façon surprenante contre Cerro et laisse échapper quelques points mais en conserve quatre d’avance à deux journées de la fin sur Cerro et Nacional et devrait donc être l’autre équipe en finale. Un petit Liverpool – Defensor se prépare qui serait une ode aux champions du monde U20, il devrait y en avoir quatre sur la pelouse.

Les buts

Résultats et classement

Jérôme Lecigne
Jérôme Lecigne
Spécialiste du football uruguayen, Suisse de l'Amérique du Sud, Patrie des poètes Jules Supervielle, Juan Carlos Onetti et Alvaro Recoba