Né le 20 avril 1961 à Pilar, capitale du Ñeembucú, un département à extrême Sud-Ouest du Paraguay longtemps isolé du reste du pays, Roberto Cabañas s'est rapidement extrait de l'anonymat pour devenir l'un des plus grands footballeurs guaraní de l'histoire.

Après des débuts avec le Capitán Bado, club de la ville de Pilar, en 1978, Roberto Cabañas rejoint le club Mariscal López de Alberdi ou évolue également son frère Valerio. Dans un club modeste d'une ville connue pour être constamment sous la menace des eaux du fleuve Paraguay, Roberto brille face aux plus grandes équipes du pays. Après avoir donné la victoire aux siens face à Olimpia, le petit attaquant fait également étalage de sa personnalité burlesque en accomplissant sa promesse de traverser le terrain à genoux. Dès l'année suivante, Roberto intègre le Cerro Porteño et la sélection des moins de 20 ans avec laquelle il dispute la Coupe du Monde au Japon. Malgré une élimination en quart de finale aux tirs au but face à l'URSS, Cabañas se fait remarquer en inscrivant un doublé contre la Corée du Sud lors du premier match de poule. Cette performance lui permet d'intégrer immédiatement l'équipe A avec laquelle il remporte la Copa América 1979. Si le mage de Pilar ne dispute que 10 minutes sur l'ensemble des trois matchs de la finale disputée contre le Chili, il obtient à 18 ans ce qui demeurera son premier et dernier titre au niveau international.

Avec le Ciclón, Roberto claque ses premières « Cabañuelas » : une volée acrobatique réalisée de façon oblique. En raison de son agilité, de sa rapidité et de ses célébrations acrobatiques, Cabañas se voit affubler du sobriquet de « panthère ». Brillant en championnat, il attire également les regards au niveau continental après un triplé inscrit lors d'une victoire 5-3 contre Colo-Colo en Copa Libertadores, le 8 avril 1980.

Agé d'à peine 19 ans, mais déjà auteur de 36 buts en 40 matchs, Cabañas s'échappe au New York Cosmos. Pelouse synthétique, public amorphe et profane : le Cosmos ne constitue pas la destination de rêve pour le jeune Roberto mais un choix économique et familial. Si le Paraguayen ne gardera pas un souvenir impérissable de son séjour à New York, c'est cependant au cours de ses cinq années passées au côté de légendes comme Pelé, Carlos Alberto, Giorgio Chinaglia, Franz Beckenbauer ou Johan Neeskenns, qu'il apprend véritablement le métier. Intimidé face au sérieux et la gravité d'un Beckenbauer, Cabañas parvient toutefois à se faire apprécier de ses coéquipiers, en particulier du roi Pelé qui consent à lui enseigner son art du « codazo » pour se dégager de défenseurs trop collants. Au cours de ses cinq années, où il évolue comme seconde pointe ou avant-centre, Cabañas fait étalage de tout son talent, raflant titres de champion et prix individuels dont celui de meilleur joueur de la ligue étatsunienne en 1983. Au cours de cette même année, il inscrit à l'instinct, l'un des plus beaux buts de sa carrière avec une acrobatie à faire pâlir Zlatan Ibrahimovic.

En raison de la faillite du Cosmos, Cabañas quitte le "cimetière des éléphants" en 1985 pour rejoindre l'América de Cali. Arrivé comme un porte serviette à New York, il va devenir une véritable légende en Colombie.

Le petit prince de Cali

Sous les ordres de Gabriel Ochoa Uribe, il écrit les plus belles pages de l'histoire de l'América au sein d'une équipe fantastique, composée des internationaux argentins Julio César Falcioni et Ricardo Gareca et des stars colombiennes Anthony de Avila et Willington Ortiz. Cet âge d'or du club est toutefois indissociablement lié à l'emprise du cartel de Cali. Principal actionnaire de l'América de 1979 à 1995, année de sa capture, Miguel Rodríguez Orejuela, surnommé "el señor", met à disposition du club une partie de sa fortune tirée de la vente de cocaïne, qu'il fait transporter aux Etats-Unis dans des blocs de bétons ou des aliments congelés1. C'est grâce à cette manne financière que l'América attire des internationaux sud-américains et se hisse au sommet d'un championnat qui, loin de se limiter au terrain, consiste aussi à acheter, menacer ou molester arbitres et dirigeants.

Enchainant les Cabañuelas qu'il travaille quotidiennement à la fin des entrainements, Roberto s'épanouit à Cali sur et en dehors du terrain. C'est ainsi dans la capitale de la Salsa qu'il fait la rencontre de Tatiana Zawadzky, Miss Colombie 1960, demi-finaliste de miss univers, qui devient sa deuxième épouse et lui donne deux enfants. Idole du stade Pascual Guerrero, Cabañas remporte la liga colombiana en 1985 et 1986. En revanche, comme son épouse, il ne parvient pas à triompher en dehors des frontières de la Colombie.

24 octobre 1985, 29 octobre 1986, 31 octobre 1987 : trois dates inoubliables, douloureuses et tragiques pour tous les supporters de l'América. Trois finales de Copa Libertadores et autant d'échecs qui ont forgé l'identité de club maudit dont l'América a bien du mal à se départir. A nouveau battu en finale en 1996, le club de Cali est le seul du continent à afficher autant de finales de Copa Libertadores sans jamais être parvenu à remporter la compétition. Dans la trilogie funeste des années 1980, c'est l'ultime épisode qui a laissé le gout le plus amer aux Diablos Rojos.

Après une défaite aux tirs aux buts contre Argentinos Juniors en 1985 et un revers logique face à River Plate l'année suivante, l'América pense pouvoir enfin saisir sa chance après sa victoire 2-0 à domicile contre le Peñarol Montevideo, lors de la finale de l'édition 1987. Au cours du match retour, après avoir ouvert le score à la 19ème minute, les Colombiens se font rejoindre à l'heure de jeu et finissent même par concéder la défaite à 3 minutes de la fin du match. La différence de buts n'étant pas comptabilisée à cette époque, les deux équipes doivent disputer un 3ème match sur terrain neutre.

Maudits diables rouges

Buteur à l'aller comme au retour, Cabañas reste muet lors de la dernière confrontation disputée, à l'Estadio Nacional de Chile et finit même par se faire expulser à quinze minutes du terme de la rencontre. Ne pouvant supporter son inactivité forcée, Cabañas tente d'aider ses coéquipiers comme il peut en lançant des ballons sur la pelouse, mais il assiste impuissant au but de Diego Aguirre, dans les derniers instants du match. Alors qu'un nul aurait donné le titre à l'América, ce but encaissé à « 8 secondes » du terme, selon la légende, les supporters de l'América restés à Cali ne l'ont jamais vu en raison d'une coupure d'électricité. C'est donc par l'usage de radios à piles et à l'écoute des premiers cris de joie des supporters du Deportivo Cali que la terrible nouvelle se propage dans les foyers Escarlatas.

Cette dernière défaite, Cabañas ne l'a jamais digéré. Interrogé en décembre 2016 pour l'écriture d'un livre sur l'América, il regrettait de ne jamais avoir pu « payer sa dette » envers le peuple de la Mechita2. Persuadé que les choses se seraient passées différemment s'il n'avait pas été expulsé, Cabañas en a également voulu à son entraineur pour avoir fait rentrer un défenseur, Enrique Esterilla, en lieu et place de Gareca, sorti blessé.

Du stade Aztèque au Brest Armorique

Pendant ses années de gloire et de peine en Colombie, Cabañas brille également en sélection. Symbole avec le meneur de jeu Julio César Romero, du renouveau de la sélection paraguayenne, il dispute le mondial mexicain de 1986. Après une courte victoire 1-0 contre l'Irak, le Paraguay arrache un nul 1-1 contre le Mexique, hôte du tournoi. Cabañas est l'auteur de la passe décisive pour Julio Cesar Romero sur un centre à la 85e minute. Lors du match suivant contre la Belgique, la panthère parvient à tromper Jean-Marie Pfaff par deux fois, permettant au Paraguay d'obtenir un nouveau match nul 2-2.

2ème de leur poule derrière le Mexique, les Paraguayens essuient une sévère défaite 3-0 au stade aztèque en huitième de finale contre l'Angleterre, quatre jours avant que le « cerf-volant cosmique » ne fasse mordre la poussière à ces mêmes Anglais. Par ses performances lors du mondial mexicain et avec l'América, la réputation de Cabañas se répand jusqu'aux côtes bretonnes. Entre les mois d'aout et de novembre de l'année 1987, le président du FC Brest Armorique, François Yvinec, effectue trois déplacements en Colombie afin de séduire le mage du Pilar. Alors que le bon président Yvinec dispose de l'accord du joueur, le président de l'América, finit par se rétracter et va même jusqu'à porter plainte contre son homologue breton pour fausse signature et tentative d'escroquerie. Assigné à résidence dans l'hôtel Intercontinental de Cali et protégé par deux gardes du corps fournis par l'Ambassade de France, Yvinec parvient à s'échapper. De nombreuses pages ont été écrites sur l'épopée colombienne du président Yvinec: sa fuite annoncée en breton sur l'antenne de RBO pour échapper aux écoutes: « Je vais prendre un ribin », son départ en douce de l'hôtel afin d'embarquer pour la cité portuaire de Baranquilla et les retrouvailles avec Cabañas à Caracas après une escale à Panama3.

Désireux de jouer en Europe et de s'éloigner d'Ochoa, entraineur autoritaire, mais intouchable en raison de la confiance accordée par Rodriguez, Cabañas débarque en Bretagne au début de l'année 1988. Dans un premier temps, le Paraguayen doit ronger son frein, Brest ayant atteint la limite du nombre de joueurs extracommunautaires autorisés, suite à la signature de l'argentin Carlos Daniel Tapia. Emmenés par de jeunes talents, qui feront les grandes heures du PSG (Paul Le Guen, Vincent Guérin et Patrick Colleter), le club galère en championnat au point d'être relégué en D2 à la fin de la saison 1987/88. Loin de baisser les bras, Roberto Cabañas s'acclimate rapidement à la France et s'impose comme le meilleur joueur de la deuxième division. Enchainant les prouesses, il est avec Dragoslav Binic, l'un des principaux artisans de la remontée immédiate du Brest Armorique. Cabañas se fracture le nez en demi-finale de barrage pour l'accession en D1 face à Nîmes. N'étant pas du genre à laisser sa place, le Paraguayen est présent en finale face à Strasbourg en finale. Malgré l'imposant bandage sur la figure pour protéger un nez fracturé, il ne se laisse pas surprendre par le rebond sur un centre de le Guen et fait chavirer de bonheur le stade Francis le Blé en exécutant froidement le portier alsacien.

Grâce aux vingt-et-un buts inscrits par Cabañas, Brest fait immédiatement son retour dans l'élite. Au cours de la saison suivante, le Paraguayen inscrit neuf buts, permettant aux Bretons de passer la saison dans le ventre mou du championnat. Par sa grinta, ses acrobaties et ses chevauchées, Cabañas fortifie sa légende bretonne. Galvanisé lors des grands matchs, il se fait un malin plaisir de briller face à l'OM. Le 24 mars 1990, après avoir été victime d'une tentative de corruption de la part d'un homme d'affaire argentin œuvrant pour le compte de Bernard Tapie, Cabañas donne une leçon aux Marseillais. Après l'ouverture du score de Bruno Germain à la 7ème minute, Jean Castaneda n'a pas le temps de se friser les moustaches que le mage de Pilar s'arrache sur un long ballon de Pascal Pierre pour égaliser à la 11ème minute. Dix minutes plus tard, Cabañas envoie un coup franc en pleine lucarne, infligeant au grand OM de Papin et de Waddle l'une de ses sept défaites de la saison en championnat. Bravache, Cabañas exprime sa satisfaction d'avoir « prouvé que je pouvais jouer dans n'importe quelle équipe ». 

Désireux d'évoluer dans un plus grand club, Cabañas répond aux sirènes de Jean Michel Aulas. A peine remontée en première division, le jeune président mise gros en mettant 15 millions de francs sur la table, plus gros transfert de l'intersaison. Dans une équipe comprenant de nombreux joueurs formés au club comme Bruno N'Gotty, Rémi Garde et Bruno Génésio, le Paraguayen a la lourde charge de succéder à Eugène Kabongo. Le 11 aout 1990, il brille à nouveau contre l'OM en inscrivant son premier but avec les gones sur penalty. Au cours de ce match conclu sur le score de 2 buts partout, Cabañas réalise surtout sa spéciale : jouer avec les nerfs d'un adversaire pour obtenir son exclusion. Averti dès la septième minute, Mozer s'impose ce jour-là comme une cible de choix pour le Paraguayen qui obtient son expulsion à la 38ème minute. Pour parvenir à ses fins, Cabañas n'a pas hésité à couvrir son visage d'un pansement après avoir été frappé au torse. Lors du match retour à Marseille le 13 janvier 1991, conclu par une sévère défaite 7 buts à un, le Paraguayen est moins à la fête, à tel point qu'il se voit attribuer une balle de ping-pong par Vincent Duluc au lieu des traditionnels ballons servant à évaluer la performance des joueurs.

Et de Gerland à la Boca

Parfois présenté à tort comme l'un des pires recrutements de l'histoire du club au côtés de Torben Franck ou Kader Keita, Cabañas termine meilleur buteur de l’OL lors de la saison 90-91 avec 9 réalisations, contribuant ainsi à la qualification pour la Coupe de l'UEFA. Mais alors que les facéties et la grinta de Cabañas auraient dû le rapprocher de son entraineur Raymond Domenech – « un homme polémique comme moi » dira plus tard le Paraguayen- Cabañas se plaint ouvertement d'un manque de considération de la part de Raymond Domenech, qui, droit dans ses bottes, récuse tout traitement de faveur : « Cabañas, comme tous les grands joueurs, a besoin d'être sans arrêt entouré. Il faut le choyer. Il faudrait le border le soir ... Ce n'est pas mon genre »4. Revenu dans la capitale des Gaules en 2012, afin de faire passer un essai à son fils, Cabañas ne se privera pas d'égratigner son ancien entraineur, accusé de vouloir « être la star » à la place des joueurs et de se comporter comme un « communiste ».

Après avoir vécu une période difficile en raison d'une grave crise financière, Boca Juniors commence doucement à reprendre des couleurs au moment où le Paraguayen pose ses bagages sur les rives du Rio de la Plata. Sous les ordres d'Óscar Tabárez, Cabañas va largement contribuer à remettre Boca au sommet du football argentin. Après 11 ans d'attente, les Xeneizes remportent enfin le championnat lors du tournoi d'ouverture de l'année 1992. Au sein d'une équipe avant tout solide défensivement, Roberto Cabañas termine meilleur buteur du tournoi avec 7 réalisations. Au niveau continental, il participe à la conquête de la Copa Master de Supercopa, un tournoi opposant des anciens vainqueurs de la Supercopa Sudamericana. En plus d'avoir participé à une génération qui a sorti le club de l'ornière, Roberto Cabañas a laissé un souvenir impérissable pour son attitude de guerrier, en particulier lors des Superclásicos contre River. Auteur de 16 buts en 60 matchs, il sert de monnaie d'échange à l'été 1993, dans le cadre du recrutement de Raúl Noriega, défenseur international Equatorien évoluant au Barcelona de Guayaquil. Transféré à l'insu de son plein gré, Roberto donne toutefois rendez-vous à Boca pour l'année prochaine.

Quand sonne l'heure des dernières cabañuelas

Expulsé lors de son premier match pour s'en être pris au joueur de Delfín, Dennis Farías, qu'il accusera par la suite de l'avoir mordu, Cabañas achève son séjour en Equateur par un coup sur l'arbitre lors du Clásico del Astillero. Suspendu un an par la fédération équatorienne, le mage de Pilar obtient ce qu'il souhaitait : son retour à Boca Juniors. Cependant, alors que le déclin guette, l'arrivée de Carlos Bilardo à Boca signe sa mise au ban du club Xeineize. Rancunier envers l'ancien entraineur du Deportivo Cali, Cabañas prétendra avoir été invité à regarder les matchs devant sa TV plutôt qu'en tribune, pour éviter que le public de la Bombonera ne réclame sa rentrée sur le terrain. Même s'il peine à l'admettre le Paraguayen a perdu de sa superbe comme en témoigne ses dernières aventures à Club Libertad (2 matchs, 0 but) et à l'Independiente Medellín (9 matchs, 2 buts) ou il met un terme à sa carrière. Une retraite toute provisoire puisqu’après sa participation à un tournoi de beach soccer à Cartagena, Cabañas offre ses services au club de la ville, le Real Cartagena où évolue un certain René Higuita. A 39 ans, malgré quatre années d'interruption, un embonpoint et une calvitie bien entamée, la panthère vêtue du maillot jaune sponsorisé par une marque de cigarette claque un doublé pour son premier match contre Pasto le 20 aout et effectue ses dernières cabrioles. A la fin de l'année 2000, après 9 matchs (3 buts) Cabañas met un terme à son come-back. 

Sa difficulté à raccrocher les crampons présageait une reconversion difficile. Pour chasser la déprime, Cabañas rejoint l'América en 2006, en tant qu'adjoint du Colombo-Paraguayen Gerardo González Aquino. Devenu n°1 l'année suivante, il ne parvient pas à redresser le club. Deux mois après sa prise de fonction, Cabañas affiche un bilan de deux victoires, 5 nuls et trois défaites et voit son sort scellé après une défaite humiliante 6-0 contre le Deportes Tolima. Partageant sa vie entre la Colombie et le Paraguay où il retourne s'installer en 2013, Cabañas officie à la télévision pour la Coupe du Monde 2014 et rêve de prendre en charge la sélection paraguayenne. Cependant, le métier de consultant, comme celui d'entraineur, n'est qu'un pis-aller pour un homme profondément mélancolique depuis son retrait des terrains. C'est donc surtout au souvenir des jours anciens que Roberto Cabañas parvient à s'enflammer, notamment lorsqu'il s'agit de rappeler le mauvais tour joué à l'Argentin Óscar Ruggeri qu'il était parvenu à faire expulser lors d'un match qualificatif pour la coupe du monde 1994 entre le Paraguay et l'Argentine. Peu importe que l'Argentine ait fini par l'emporter 3 buts à 1, des années plus tard, ce fait d'arme demeurait un motif de fierté pour Cabañas, au cours de joutes télévisuelles avec le défenseur argentin.

En décembre 2016, Roberto Cabañas s'était confié avec franchise sur ses difficultés pour tourner la page après 22 ans de carrière : « Le footballeur meurt deux fois. La première quand il arrête le football. Pour moi, cela m'a complètement déséquilibré. Je ne savais pas où aller, quoi faire. J'étais habitué à courir, à faire des exercices, et d'un moment à l'autre, je me suis retrouvé totalement désorienté. Etre seul est très dur, ça l'est encore plus après avoir laissé le football. »5 Décédé brutalement suite à un infarctus le 9 janvier 2017, alors qu'il se préparait pour disputer un tournoi de showbol, Roberto Cabañas a partout laissé le souvenir d'un joueur fantasque et d'un homme complexe, à la fois gentil et rusé, grande gueule et fragile. Parvenu au panthéon des footballeurs Guaraníes, il repose aujourd'hui dans sa ville natale, non loin de la rue Colón qui l'a vue grandir et qui depuis janvier a été rebaptisée rue Roberto Cabañas.

 

 

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1 Martha Soto, Los goles de la cocaína, Intermedio, 2017.
2 Alejandra Lopez Gonzalez, Y dale, Rojo dale, Intermedio, 2017.
3 Pour un récit détaillé du transfert de Cabañas à Brest et de l'épopée du président Yvinec voir en particulier : Mémoire d'un club – Le Stade Brestois, de Georges Cadiou, aux éditions Wartberg. Voir également le numéro 68 de So Foot, paru en septembre 2009, "François Yvinec raconte", propos recueillis par Vincent Ruellan.
4 Voir http://www.oldschoolpanini.com/2012/10/boca-juniors-river-plate-1992-la-mine.html
5 Alejandra Lopez Gonzalez, Y dale, Rojo dale, Intermedio, 2017.